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Impôt sur les revenus : au Cameroun, l'Etat accorde un sursis aux salariés et hauts fonctionnaires

Le ministre des Finances accorde un mois supplémentaire aux contribuables non-professionnels pour déclarer leurs revenus. En 2024, l’IRPP a rapporté 15 milliards FCFA, loin de l’objectif de 25 milliards. La prorogation du délai vise à corriger le tir cette année.

Publiée jeudi 31 juillet 2025 à 19:30:24Modifiée jeudi 31 juillet 2025 à 20:12:08Temps de lecture 3 minPar Marius Zogo

Le ministre des Finances du Cameroun Louis Paul Motaze
Louis Paul Motaze, le ministre des Finances du Cameroun

La date limite pour la déclaration de l'Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques (IRPP) des contribuables non-professionnels au Cameroun – incluant les salariés des secteurs public et parapublic, ainsi que les hautes personnalités – initialement fixé au 31 juillet 2025, a été reportée au 31 août 2025. Cette prorogation d'un mois, annoncée par communiqué du ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, vise à offrir une marge aux contribuables pour s'acquitter de leurs obligations fiscales et « éviter ainsi des désagréments liés à l'application des sanctions prévues par la législation en vigueur », précise le membre du gouvernement.

Bien que le ministre ne le précise pas explicitement, cette extension de délai devrait également permettre au fisc de maximiser la collecte des recettes auprès de ces contribuables. En effet, le Cameroun a connu une croissance notable de son nombre de contribuables professionnels, passant de 25 000 en 2010 à 400 000 en 2024, soit une augmentation de 1 500% en 14 ans, selon les données de la Direction générale des Impôts (DGI). Lors du lancement du budget 2025 à Buea le 15 janvier dernier, Athanase Meyong Abath, Directeur Général des Impôts, a souligné qu'un « effort sans précédent d'élargissement de l'assiette fiscale » est désormais nécessaire pour diversifier les bases imposables, en incluant davantage les particuliers et les organismes à but non lucratif.

L'IRPP n'est donc pas une nouveauté au Cameroun puisqu'il figure dans le système fiscal depuis 1973. Réformé par la loi n° 2002/014, il a été remis au goût du jour il y a plus de 20 ans comme mesure d'élargissement de l'assiette face aux contraintes budgétaires croissantes. Cet impôt s'applique aux gains des personnes physiques issus de diverses sources : salaires (public et privé), pensions, rentes viagères, revenus financiers et fonciers, rémunérations diverses (y compris activités agropastorales), et revenus des capitaux mobiliers. Les Camerounais exerçant des activités intellectuelles (consultations, etc.) et ceux percevant des revenus de l'étranger sont également concernés.

Lire aussi : Athanase Meyong Abath : « On ne peut pas dire aujourd’hui que le taux de pression fiscale est très élevé au Cameroun »

Selon le calendrier de la DGI, la déclaration des contribuables de la Direction des grandes entreprises (DGE), des Centres des Impôts des Moyennes Entreprises (CIME) et des Centres spécialisés des impôts suivra celle des hautes personnalités et salariés, avec un intervalle d'un mois, avant que les non-résidents et autres particuliers ne clôturent le processus. Lors de son passage à l'Assemblée nationale le 4 avril 2025, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a révélé que seulement 15 milliards de FCFA ont été mobilisés au titre de l'IRPP en 2024, loin de l'objectif de 25 milliards de FCFA, soit un déficit de 10 milliards de FCFA. Pour inverser cette tendance, le fisc a introduit en 2025 la déclaration pré rempli, une mesure visant à simplifier la procédure et à améliorer la conformité des particuliers.

Pour rappel, le Cameroun n'a pas atteint ses objectifs de recettes fiscales au premier trimestre 2025. Le Document de programmation économique et budgétaire 2026-2028 indique que 989,6 milliards de FCFA ont été mobilisés sur une cible de 1 112,3 milliards de FCFA, soit un écart de 120,7 milliards de FCFA. L'IRPP a contribué à ce déficit, manquant son objectif de 3,7 milliards de FCFA sur les 109,4 milliards attendus.

Lire aussi : Déclaration de l’Irpp : au Cameroun, la Direction générale des Impôts a encaissé 10,5 milliards de Fcfa en 10 mois

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