«Est-ce que la pression fiscale au Cameroun est élevée ? La réponse est non ! ». Telle est la position de Roger Athanase Meyong Abath, le Directeur général des Impôts (DGI) à l’occasion du lancement officiel du budget 2025 le 15 janvier dernier à Buea dans la région du Sud-Ouest. Selon ce cadre du ministère des Finances, bien que les calculs pour l’année 2024 n’aient pas encore été finalisés, le taux de pression fiscale (définie comme la part des impôts dans le produit intérieur brut (PIB) du pays, Ndlr) au Cameroun devrait se situer entre 13,8% et 14% en deçà de la moyenne de 15% requise en Afrique.
Pour se convaincre, Roger Athanase Meyong Abath fait savoir que « si on compare avec les pays du même niveau de développement que le Cameroun, notamment en Afrique de l’Ouest , ils sont à 17%. Je ne parle pas de l’Afrique du Nord où tous les pays sont à plus de 22%, l’Afrique du Sud est à 28%. Donc, on ne peut dire qu’aujourd’hui, le taux de pression fiscale soit très élevé au Cameroun », a-t-il confié à Cameroon Tribune, le quotidien gouvernemental bilingue.
Lire aussi : Cameroun : comment le fisc a gagné 55 milliards de Fcfa en plus, en luttant contre l’évasion fiscale
Cette argumentation du DGI contraste pourtant avec les sorties récentes du groupement des hommes d’affaires et du clergé. En effet, au cours d’une séance de travail à fin août 2024 avec le fisc, le patronat camerounais exprimait déjà un sentiment « d’asphyxie face à l’augmentation de la pression fiscale et des contrôles fiscaux intempestifs ». A l’issue du 48ᵉ séminaire annuel de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC), organisé à Buea, les évêques de l’Église catholique se sont inscrits dans le même ordre d’idée. « L'une des causes du malaise des Camerounais est sans doute la pression fiscale, qui augmente d’année en année, au détriment des populations les plus vulnérables. Elle est perçue comme un ultime moyen pour asphyxier ceux des Camerounais, dont la faiblesse du pouvoir d’achat est criarde», ont formulé les prélats dans leur message.
Le rapport sur le climat des affaires du secteur industriel publié par le ministère de l’Economie en décembre 2023 révèle que 81% des chefs d’entreprises trouvent que le taux de pression fiscale est élevé contre 18%, moyen et 1% seulement qui le juge faible.
Elargir l’assiette fiscale
Hormis les entreprises productrices de richesses, les autres citoyens se plaignent souvent de l’instauration de nouvelles taxes et de nouveaux impôts. Par contre, à en croire les chiffres présentés par le DGI, le Cameroun est passé de 25 000 contribuables en 2010 à 400 000 contribuables professionnels en 2024 soit une hausse de 375 000 en l’espace de 14 ans (+1 500%). Avec cette embellie, un « effort sans précédent d’élargissement de l'assiette fiscale » s’impose pour diversifier les bases imposables (particuliers, aux organismes à but non lucratif, etc.)









