La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a, le 7 octobre 2025, fait une offre d’injection de 700 milliards FCFA de liquidités dans le système bancaire régional, un record historique depuis au moins 2019. Cette opération a été intégralement souscrite par les 16 banques participantes, dont la demande totale a même atteint 817 milliards FCFA, selon les données de la banque centrale. D’une maturité de sept jours, les injections hebdomadaires permettent à la BEAC de piloter la liquidité bancaire à court terme et d'influencer les taux d'intérêts sur le marché du crédit.
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L’enveloppe souscrite par les établissements de crédit est en hausse de 50 milliards FCFA par rapport à la semaine précédente et dépasse largement le précédent record de 500 milliards FCFA atteint en 2020, au plus fort du plan de relance post-Covid. Entre-temps, la BEAC avait amorcé un virage restrictif, suspendant ses opérations d’injection de liquidités pour freiner l’inflation. Mais en juin 2024, la Banque centrale a changé de cap, réactivant progressivement ses interventions sur le marché monétaire. Le volume moyen hebdomadaire injecté est ainsi passé de 40 milliards FCFA en juin 2024 à 200 milliards en décembre, puis 340 milliards depuis le début de 2025, avant d’atteindre le niveau record actuel.
Ce renflouement des coffres forts des banques peut traduire la volonté de la Banque centrale régionale de desserrer l’étau monétaire pour soutenir une économie régionale fragilisée. Selon les dernières prévisions du Comité de politique monétaire (CPM), la croissance de la CEMAC devrait ralentir à 2,6 % en 2025, contre 2,7 % en 2024, bien en deçà de la moyenne de 6,3 % anticipée dans la zone UEMOA. La BEAC espère ainsi stimuler le crédit et restaurer la dynamique de croissance dans un contexte de baisse continue de la production pétrolière et gazière (–1,5 % en 2025 après –0,4 % en 2024), liée au vieillissement des gisements et à l’insuffisance d’investissements.
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Le regain des injections reflète également la forte demande de liquidités émanant des établissements de crédit. Dans un rapport publié en juillet 2025, le Fonds monétaire international (FMI) attribuait cette tension à plusieurs facteurs : la hausse des besoins de financement des États, la prolongation des maturités sur le marché de la dette publique, la faible mobilisation des dépôts bancaires, ainsi que les arriérés intérieurs accumulés par certains gouvernements. Le FMI a toutefois exprimé certaines inquiétudes quant à la dépendance croissante de plusieurs banques à ces soutiens répétés de la BEAC. Les services du Fonds ont exhorté l’institution monétaire et la COBAC à « maintenir un dialogue actif avec les 31 banques en tension de liquidité », tout en rappelant que la solution durable réside dans le règlement des arriérés intérieurs des États, principale cause structurelle du manque de liquidité dans le système financier régional.

