Les besoins de refinancement des banques commerciales en activité au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) sont en forte hausse. Au 31 décembre 2023, la moyenne mensuelle des avances octroyées par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) au système bancaire sous-régional, toutes opérations confondues, s’est accrue à 924,8 milliards de Fcfa, contre 529,3 milliards de Fcfa un an plus tôt. Dans son rapport d’activités de 2023, publié il y a quelques jours, l’institut d’émission explique cette forte hausse par l’augmentation de la demande des établissements de crédit admis au compartiment des interventions de la banque centrale, y compris sur le guichet spécial de refinancement. Le volume moyen des avances au titre de la facilité de prêt marginal est ainsi passé de 423,6 milliards de Fcfa en décembre 2022 à 793,7 milliards de Fcfa en décembre 2023. « Cet accroissement a été soutenu d’une part par la hausse des besoins de liquidités des établissements de crédit non couverts par l’Opil [Opération principale d’injection de liquidité, Ndlr] et, d’autre part, par la forte demande émanant des banques en situation de dépendance au refinancement de la banque centrale », souligne la Beac. Qui poursuit en précisant qu’au cours du mois de décembre 2023, ces concours ont bénéficié principalement à des banques implantées au Cameroun (40,9 %), au Gabon (34,3%) et au Tchad (18,7%).
Lire aussi : Cemac : en 2023, le Congo et le Gabon dominent le marché du crédit de court terme, peu propice à l’investissement
Autres interventions, au cours de la période sous revue, plusieurs établissements de crédit ont également sollicité des avances intra-journalières auprès de la banque centrale, avec un pic moyen de 725 milliards Fcfa atteint en novembre 2023. En dehors de l’avance intra-journalière, aucune autre intervention de la Beac n’a été déclenchée sur cette période, sans doute en raison de sa politique actuelle, contexte économique mondiale oblige, qui consiste à privilégier le retrait de la liquidité excédentaire aux banques commerciale, principalement pour lutter contre l’inflation d’origine monétaire dans l’espace communautaire. Signe que toutes les banques ne sont pas en situation d’excédents de liquidités (au contraire), la Beac souligne que depuis le lancement des opérations de reprises de liquidité, seuls quatre établissements de crédit de la sous-région y ont participé, sur plus de 50 établissements en activité dans la zone.
Compartiment interbancaire
Au cours de l’année 2023, les ponctions de liquidités à travers l’opération principale de reprise de liquidité (Oprl) et l’opération de reprise de liquidité de maturité longue (Orlml) effectuées présentent, pour la première catégorie, un volume global qui est revenu d’une moyenne de 109,8 milliards Fcfa en décembre 2022 à 18,5 milliards Fcfa en décembre 2023, avec un pic de 240,7 milliards Fcfa atteint en septembre 2023. S’agissant de l’Oprl, 44 appels d’offres hebdomadaires à taux multiples ont été lancés, dont 9 déclarés infructueux. Le volume moyen de liquidités mis en adjudication au cours de ces appels d’offres s’est établi à 76,3 milliards Fcfa en décembre 2023, contre un montant nul en décembre 2022, avec un pic à 150 milliards Fcfa, proposés de juillet à octobre 2023. Toujours selon la Beac, l’encours moyen en décembre 2023 s’est situé à 12,7 milliards de Fcfa, contre aucun encours en décembre 2022, après avoir atteint un pic de 120,7 milliards Fcfa en septembre 2023. Pour ce qui concerne le coût de ces liquidités, le taux maximum fixé par la Beac s’est porté à 1,25% en décembre 2023, contre 0,75% à la première opération. En rapport avec l’Orlml en 2023, 51 appels d’offres hebdomadaires ont été organisés, dont 23 déclarés infructueux, contre 34 opérations infructueuses enregistrées en 2022.
Le compartiment interbancaire qui constitue le deuxième niveau de refinancement des banques commerciales est également une dynamique haussière. D’après la Beac, l’encours moyen mensuel des transactions interbancaires a connu une légère hausse, pour se situer à 446,8 milliards de Fcfa en 2023 contre 404,9 milliards Fcfa un an auparavant. « La dynamique observée sur le compartiment interbancaire résulte, entre autres, de la maîtrise graduelle par les établissements de crédit des différentes réformes introduites dans le nouveau cadre opérationnel de la politique monétaire de la banque centrale, notamment les mesures visant à restaurer la confiance entre les acteurs du marché. En effet, au cours de la période de référence, une densification du réseau interbancaire a été observée, avec le nombre de participants passant de 32 à 48 établissements de crédit. Ces derniers sont répartis dans toute la Cemac et appartiennent à différents groupes bancaires », note la Beac.








