Réuni le 29 septembre 2025 pour sa troisième session ordinaire de l’année, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a décidé, à l’unanimité de ses membres, de maintenir inchangés les principaux taux directeurs. Ainsi, le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) reste fixé à 4,5 %, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal demeure à 6 %. Le coefficient des réserves obligatoires qui est la fraction des dépôts que les banques commerciales doivent déposer auprès de la BEAC, est fixé à 7% pour les dépôts à vue et 4,5% pour les DAT (Dépôts à terme).
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C’est la deuxième fois consécutive que la BEAC choisit le statu quo, après avoir, en mars 2025, assoupli sa politique monétaire en abaissant ses taux directeurs pour la première fois depuis 2021. Dans son communiqué, le gouverneur de la Banque centrale, Yvon Sana Bangui, justifie cette décision par deux facteurs principaux:« une bonne orientation des agrégats macroéconomiques, notamment un repli des projections de l'inflation sous la norme communautaire et des réserves de change confortables». L’institution prévoit ainsi une inflation ramenée à 2,5 % en 2025, après 4,1 % en 2024 et 5,6 % en 2023, soit en deçà de la norme communautaire fixée à 3 %. Quant aux réserves de change, elles devraient légèrement reculer de 2,6 %, pour s’établir à 7 101,7 milliards FCFA, correspondant à un taux de couverture extérieure de 73,2 %, soit 4,6 mois d’importations de biens et services. De ce point de vue, la stabilité de la monnaie commune (Franc CFA) est garantie puisqu’au plan interne, l’inflation est contenue, et au plan externe, les avoirs extérieurs bruts demeurent bien supérieurs au seuil minimal de trois mois d’importations.
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Cependant, si la Banque centrale a pour mission première de stabiliser la monnaie et de maintenir la confiance dans le système financier, ses décisions ont aussi un impact direct sur la croissance économique. Selon le CPM, la croissance régionale devrait tomber à 2,6 % en 2025, contre 2,7 % en 2024, alors que la BCEAO, dans l’UEMOA, prévoit un taux deux fois plus élevé (6,3 %). En zone CEMAC, cette faiblesse est surtout imputable au recul de la production pétrolière et gazière (–1,5 % en 2025 après –0,4 % en 2024), conséquence du vieillissement des champs au Cameroun, en Guinée équatoriale et au Gabon, aggravée par l’insuffisance d’investissements dans de nouveaux actifs.
La BEAC n’est pas directement responsable du ralentissement économique. Mais en conservant le statu quo sur ses taux, elle prend le parti de la stabilité monétaire, au risque de laisser s’aggraver un affaiblissement de la croissance déjà inquiétant. En théorie, une baisse des taux directeurs aurait permis de réduire le coût du crédit dans la région. Des emprunts moins chers incitent entreprises et ménages à investir et consommer davantage, ce qui stimule l’activité économique.
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Un signe tangible du besoin de financement est la forte demande des banques lors des opérations hebdomadaires d’injection de liquidités de la BEAC. Face à cette pression, l’institution a relevé en septembre le plafond de ses apports hebdomadaires à 600 milliards FCFA. La dernière opération, tenue le 23 septembre, s’est même soldée par des offres totales de 701 milliards FCFA, preuve que les établissements de crédit ont soif de ressources pour alimenter le circuit bancaire et soutenir les besoins de financement des économies nationales.



