La Russie prépare deux accords avec le Cameroun et la République du Congo pour faciliter l'accès réciproque de leurs navires militaires aux ports des trois pays. Le 30 octobre 2026, le Premier ministre russe, Mikhaïl Michoustine, a signé deux décisions autorisant l'ouverture de négociations à cet effet. Dans le texte concernant le Cameroun, référencé n° 3145-r, le gouvernement russe charge son ministère de la Défense de « mener des négociations avec la partie camerounaise et, après être parvenu à un accord, de signer ledit protocole ». Le document précise que le projet a été « préalablement travaillé avec la partie camerounaise ».
Trois navires au maximum
Il s'agit, à ce stade, d'un projet dont la signature reste conditionnée à l'aboutissement des négociations, et non d'un accord déjà entré en vigueur. Le dispositif envisagé va au-delà d'une simple formalité diplomatique. Selon les dispositions rapportées par la presse spécialisée russe, les navires militaires pourraient accéder aux ports des pays partenaires pour se ravitailler, effectuer des réparations ou permettre le repos des équipages. Leur nombre serait limité à trois simultanément dans les eaux territoriales, les eaux intérieures et les ports de l'État d'accueil. Les accords seraient conclus pour une durée initiale de cinq ans, renouvelable. Les conditions précises d'accès et de notification préalable restent toutefois à confirmer dans les textes définitifs.
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Cette initiative s'inscrit dans une relation de défense déjà ancienne entre Yaoundé et Moscou. Établies le 20 février 1964, les relations diplomatiques entre les deux pays se sont accompagnées d'une coopération militaire formalisée par des accords en 2015 et en 2022, portant notamment sur la fourniture d'équipements, la formation et les échanges d'expériences. Le projet de protocole entend désormais étendre cette coopération aux facilités portuaires et logistiques.
Le Cameroun et le Congo disposent de plusieurs infrastructures portuaires sur la façade atlantique de l'Afrique centrale. Au Cameroun, Douala et Kribi accueillent l'essentiel du trafic maritime commercial, tandis que Pointe-Noire constitue le principal port du Congo. Le projet russe ne désigne toutefois aucun de ces ports comme point d'escale privilégié. Il ne précise pas non plus la fréquence des visites envisagées ni les moyens logistiques que les autorités locales pourraient mettre à disposition des équipages.
Les deux pays entretiennent déjà des coopérations navales avec d'autres partenaires étrangers. En avril 2026, Douala a notamment accueilli l'exercice multinational Obangame Express, organisé dans le cadre de la coopération maritime avec les États-Unis. La France maintient également une présence navale dans le golfe de Guinée à travers l'opération Corymbe. Pour Moscou, les protocoles envisagés avec Yaoundé et Brazzaville ouvriraient donc une possibilité supplémentaire d'escale dans la région, sans que les documents publiés permettent, à ce stade, de conclure à un projet d'installation militaire permanente.
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