Le gouvernement camerounais tente de protéger la crédibilité de son registre maritime après l'interception, le 14 juin dernier dans la Manche, du pétrolier Smyrtos, soupçonné par les autorités britanniques de participer au contournement des sanctions visant le pétrole russe. Dans un communiqué signé le 15 juin, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, affirme que le navire ne battait plus légalement pavillon camerounais au moment de son interception.
Selon le membre du gouvernement, le Smyrtos (IMO 9389100) a été officiellement radié du registre international des navires du Cameroun le 26 mai 2026 dans le cadre de l'opération d'assainissement engagée par les autorités maritimes nationales. « Au moment des faits récemment rapportés dans les médias internationaux, le navire Smyrtos ne bénéficiait plus du droit de battre pavillon camerounais et ne relevait plus de la juridiction maritime du Cameroun », précise le communiqué.
Le ministère des Transports estime ainsi que le navire aurait continué à utiliser frauduleusement des documents ou des références liées au pavillon camerounais après sa radiation. Dans ces conditions, « la République du Cameroun ne saurait être tenue pour responsable des activités illicites menées par ce navire », soutient l'administration maritime.
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Cette mise au point intervient quelques jours après une dépêche de Reuters indiquant que des éléments des Royal Marines britanniques et de la National Crime Agency avaient arraisonné le pétrolier, présenté comme naviguant sous pavillon camerounais. Les autorités britanniques soupçonnent le navire d'appartenir à la « flotte fantôme » utilisée pour acheminer du pétrole russe en contournant les sanctions occidentales.
Fin mai, le ministère des Transports avait déjà annoncé la radiation de 39 navires de son registre international, dans le cadre d'une vaste opération destinée à renforcer le contrôle des immatriculations et à lutter contre l'utilisation abusive du pavillon national. Le Smyrtos figurait parmi les navires concernés.
Dans son communiqué, Yaoundé indique avoir saisi officiellement le gouvernement britannique ainsi que la Maritime and Coastguard Agency (MCA) afin que « la situation juridique réelle du navire soit dûment prise en compte » et que les informations diffusées soient rectifiées conformément aux documents émis par l'administration maritime camerounaise.
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