Le gouvernement camerounais a affirmé que le pétrolier Tagor, arraisonné le 1er juin par la marine française dans l’Atlantique alors qu’il arborait les couleurs du Cameroun, ne figure sur aucun registre officiel des navires autorisés à battre pavillon camerounais.
Dans un communiqué publié le 8 juin, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibehe, indique que les vérifications menées par ses services ont établi que le navire « ne figure dans aucun des registres officiels des navires autorisés à battre pavillon camerounais ». Yaoundé dénonce en conséquence une « utilisation frauduleuse et abusive » des attributs de la nationalité camerounaise et appelle la communauté maritime internationale à prendre des mesures contre ces pratiques.
L’affaire intervient une semaine après l’interception du Tagor par les autorités françaises à plus de 700 kilomètres des côtes bretonnes. Selon Paris, le navire, en provenance du port russe de Mourmansk et à destination de Limbé, au Cameroun, naviguait sous un pavillon camerounais jugé irrégulier. Le capitaine, de nationalité russe, est accusé d’avoir refusé d’obtempérer aux injonctions des militaires français. Le pétrolier, soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » utilisée pour contourner les sanctions occidentales visant les exportations pétrolières russes, fait désormais l’objet d’une enquête pénale en France.
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La mise au point du gouvernement camerounais s’inscrit dans un contexte de vaste opération d’assainissement de son registre maritime. Le 29 mai dernier, le ministère des Transports avait annoncé la radiation de 39 navires et la dénonciation de 19 autres pour usage frauduleux du pavillon camerounais ou implication présumée dans des activités sous sanctions internationales. Les autorités avaient alors reconnu que plusieurs navires radiés continuaient d’opérer avec des identifiants délivrés par le Cameroun, tandis que des sites internet attribuaient illégalement la nationalité camerounaise à des bâtiments ne remplissant aucune condition réglementaire.
Confronté depuis plusieurs années aux critiques de l’Union européenne, de l’Organisation maritime internationale (OMI) et de plusieurs États partenaires sur la gestion de son pavillon, le Cameroun assure poursuivre un processus de modernisation de son registre maritime destiné à renforcer les contrôles sur l’immatriculation des navires et à restaurer sa crédibilité sur la scène maritime internationale.
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