Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) du Cameroun, Alamine Ousmane Mey et le président du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), Dr Muhammad Al Jasser, ont signé ce jour un accord de financement de 212,35 millions d’euros (environ 139,2 milliards de FCFA). Ces fonds serviront à réhabiliter la route nationale n° 5, qui relie Douala (région du Littoral) à Bafoussam (région de l’Ouest), plus précisément le tronçon allant de Bekoko au pont du Nkam et à l’échangeur de Bandjoun, long de plus de 217 km. Le projet prévoit également la réhabilitation de 108 km de voies de desserte, notamment les liaisons Loum–Solé–Yabassi et Bafang–Nkondjock. Ces routes doivent permettre aux communautés environnantes de rejoindre plus facilement le corridor et ses débouchés commerciaux.
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La signature s’est déroulée en marge des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Bangkok, en Thaïlande. Elle intervient 11 jours après la publication du décret présidentiel habilitant le Minepat à conclure cet accord avec la BID. Lors des échanges avec les autorités camerounaises, le Dr Muhammad Al Jasser a insisté sur la nécessité d’accélérer l’exécution des projets approuvés.
« Les discussions ont également porté sur l’état d’avancement de la préparation du prochain Cadre d’engagement pays du Cameroun (2027–2030), qui devrait orienter la coopération future dans les secteurs prioritaires, notamment l’agriculture, l’énergie, l’eau, les transports, l’éducation et la santé », précise le communiqué, qui a sanctionné l’accord entre les deux parties. Le montage financier prévoit une participation de l'État du Cameroun à hauteur de 10% (environ 17,6 milliards de FCFA) via le budget d'investissement public.
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Notons que la route nationale n° 5 est dans un état critique. Les temps de trajet atteignent 10 à 11 heures, contre 3 à 4 heures par le passé, ce qui pénalise lourdement les activités économiques. Certaines agences de voyages ont même renoncé à l’itinéraire, d’autres imposent des détours par Bangangté ou Dschang pour éviter le tronçon Bandja-Bafang, particulièrement redouté. La chaussée souffre de nids-de-poule géants, d’érosions liées aux fortes pluies et d’affaissements de terrain, notamment entre Mbanga, Loum (Moungo, région du Littoral) et le Haut-Nkam. Le bilan humain est lourd : des accidents mortels y sont régulièrement signalés, comme sur l’axe Yaoundé-Bafoussam, deux routes surnommées le « Triangle de la mort ». Selon la Deutsche Welle, ce corridor ferait près de 100 morts par mois, d’après des estimations obtenues auprès du ministère des Transports.
Pour l’heure, les pouvoirs publics espèrent un démarrage effectif des travaux de réhabilitation, répartis en plusieurs lots, au premier trimestre 2027, après la finalisation des procédures et des appels d’offres. Rappelons que l’accord de financement signé ce jour est le fruit de deux ans de négociations avec la BID. Dès octobre 2024, le ministère des Travaux publics (Mintp) avait pris contact avec une mission de la banque, qui annonçait alors la présentation du projet à son conseil d’administration au premier trimestre 2025. Réuni en mai, ce conseil a approuvé le financement, ouvrant la voie à un prêt en faveur du Cameroun.














