Brice Clotaire Oligui Nguema, le président du Gabon, a instruit son gouvernement, le 05 juin à Libreville, de mettre en œuvre de nouvelles méthodes calcul du Produit intérieur brut (PIB), en signe de contestation de la « sous-évaluation persistante du potentiel économique réel du pays ». Au cours de cette réunion, apprend-on, « Il a relevé que les indicateurs macroéconomiques actuels, notamment le Produit Intérieur Brut (PIB), ne prennent pas en compte la richesse du capital naturel de notre pays, notamment les ressources forestières, les crédits carbones, et les richesses halieutiques ».
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Pour changer la donne, le Président de la République a alors instruit le ministre de l’Économie et des Finances, de conduire un travail méthodologique rigoureux, en lien avec les partenaires techniques, visant à intégrer dans les agrégats économiques nationaux l’ensemble des actifs stratégiques. « Cette réforme permettra de refléter la valeur réelle des actifs du pays, de renforcer sa crédibilité financière et de mieux positionner le Gabon dans les négociations et partenariats économiques internationaux. »
Depuis l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema, on dirait que le Gabon est en mode contestation des évaluations faites par certaines institutions internationales. A titre d’illustration, lors de son interview sur le plateau de TV5 Monde, le 18 avril dernier, Charles M’BA, le ministre des gabonais des Comptes publics et de la Dette, a remis en cause le taux d’endettement présumé du pays, tel qu’estimé par les institutions de Bretton Woods.
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Ainsi, à la question de savoir quelle est son appréciation de l’estimation de la dette du Gabon à 70% du PIB et qui s’aggraverait, selon le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, le membre du gouvernement a répondu : « nous sommes toujours en désaccord avec les institutions de Bretton Woods sur notre taux d’endettement. Le Fonds monétaire dirait plus de 70%. Nous, nous dirons 58% quand nous sommes arrivés et 56% aujourd’hui et nous avons une tendance baissière vers 54%. La réalité est que dans la mesure du Fonds, ils intègrent une dette qui est sociale intérieure : c’est la dette de l’Etat vis-à-vis des agents publics, qui est régulièrement réglée ».
Désormais, c’est le calcul du PIB du pays que les autorités gabonaises récusent. Mais en attendant une révision éventuelle, la Banque africaine de développement (BAD) classe le Gabon, en 2023, comme le 3e pays le plus riche d'Afrique en termes de PIB par parité de pouvoir d'achat (PIB-PPA), avec un montant de 19 546,4 $ (11 224 320,83 FCFA) par habitant. Le Gabon se classe derrière les Seychelles (29 711,9 $ ou 17 061 755,51 FCFA) et Maurice (22 246,1 $ ou 12 774 596,01 FCFA), mais devant la Guinée équatoriale (18 180,2 $ ou 10 439 794,41 FCFA) et l'Égypte (17 158,4 $ 9 853 036,18 FCFA). Selon la BAD, à l'exception de l'Égypte, ces pays ont une faible population, comprennent entre 0,11 et 2,59 millions d'habitants, et leur contribution réelle à la production régionale varie de 0,06 % à 0,7 %.

