L'attrait de la Chine pour le sous-sol gabonais est plus que jamais d'actualité. Deux mois après la rencontre d'avril entre le président Brice Clotaire Oligui Nguema et les autorités chinoises au Gabon, une délégation chinoise de haut niveau a été reçue le 2 juillet dernier par Gilles Nembe, le ministre gabonais des Mines et des Ressources géologiques. Selon un communiqué gouvernemental, cette délégation, composée des groupes SOHO et Xuzhou Coal Mining (XMC) – ce dernier étant rattaché au puissant consortium d'État China National Machinery Import and Export Corporation (CMC) – est venue explorer les opportunités qu’offre le secteur minier au Gabon Au-delà d'aspirations diplomatiques, « leur intérêt porte sur un large éventail de métaux stratégiques, dont le manganèse, le fer, le niobium et les terres rares, à la mesure du potentiel national estimé à plusieurs milliards de tonnes », a précisé le ministère des Mines.
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Bien que les clauses concrètes de cette rencontre n'aient pas encore été dévoilées, elles laissent entrevoir un tournant décisif pour le secteur extractif gabonais. Les discussions ont notamment porté sur les projets structurants liés aux infrastructures de transport et à l'énergie, mais surtout à la transformation locale des minerais. Alors que le Gabon prévoit de suspendre les exportations de ses minerais bruts d'ici 2029, il reste résolument ouvert aux investissements directs étrangers, notamment via son Code minier de 2019. C'est une opportunité que la Chine, confrontée aux tensions géopolitiques et aux tarifs douaniers américains qui pèsent sur l'approvisionnement en minerais et terres rares, semble bien décidée à saisir.
Des engagements financiers massifs déjà scellés
Les groupes SOHO et Xuzhou Coal Mining (XMC) font peut-être leurs premiers pas au Gabon, mais l'intensification de l'intérêt chinois pour ce pays de la Cemac n'a rien de nouveau. Elle s'inscrit dans la continuité du 2ème Forum Gabon-Chine, tenu à Beijing le 3 septembre 2024. Cet événement avait déjà permis au Gabon de mobiliser plus de 4,3 milliards de dollars (près de 2700 milliards Fcfa) en investissements directs étrangers. Parmi les accords phares signés lors de ce forum figuraient le mémorandum pour l'exploration et l'exploitation du minerai de fer du Mont Mbilan par Zhongning Mining Company Limited (ZMC), un projet valorisé à 260 millions de dollars.
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Shanghai Milestone Technology s'était également engagée à hauteur de 100 millions de dollars pour l'exploration et l'exploitation de ressources minérales inexploitées, notamment le minerai de fer et de manganèse à faible teneur. Des investissements logistiques cruciaux avaient aussi été actés, avec un protocole d'accord de 50 millions de dollars pour l'aménagement global de la navigation sur le fleuve Ogooué, la construction d'un port minéralier à Ndjolé et le développement du terminal minier de Port-Gentil.
Un ancrage et des ambitions diversifies
L'implication chinoise dans le secteur extractif gabonais est bien établie. Bien que le mineur français Eramet, via Comilog, soit actuellement le seul à opérer à grande échelle dans le manganèse, la Chine se distingue par plusieurs projets majeurs. La coentreprise sino-gabonaise CICMHZ (Compagnie Industrielle et Commerciale des Mines du Gabon Huazhou), exploite une concession de manganèse à Ndjolé, avec une production annuelle d'un million de tonnes. La moitié de ce minerai est transformée localement et le reste en Chine. Par ailleurs, le projet de fer de Bélinga, mené par la coentreprise chinoise Comibel (dominée par CEMEC), fait l'objet de négociations complexes depuis des années, malgré des estimations de coûts de développement atteignant 5,7 milliards de dollars, souvent critiquées pour leur manque de transparence.
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Plus recemment, la compagnie Genmin s'est alliée à Sinohydro, un géant chinois, pour concrétiser l'exploitation de son gisement de fer de 2 milliards de tonnes à Baniaka. Enfin, la présence chinoise dans le secteur pétrolier gabonais s'est considérablement renforcée depuis 2009, notamment avec l'acquisition d'Addax par Sinopec, donnant accès à des blocs pétroliers majeurs en production et en exploration.

