Les comptes sont largement excédentaires pour la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). Selon son rapport annuel consulté par EcoMatin, le régulateur a terminé l’exercice 2025 avec un résultat net de 1,78 milliard de FCFA, contre 486 millions un an plus tôt. Soit une progression de 267 %, portée principalement par l’augmentation des recettes tirées des opérations financières et des professionnels du marché. « Cette hausse provient essentiellement de la nouvelle grille tarifaire adoptée en juillet 2024 et qui a été pleinement appliquée sur les douze (12) mois en 2025, contre une période de six (6) mois en 2024 », indique l’institution présidée par la Camerounaise Jacqueline Adiaba. Les ressources propres de la Cosumaf ont ainsi bondi de 69,2 %, passant de 2,49 à 4,21 milliards de FCFA.
D’où viennent les recettes ?
Le rapport ne précise pas l’affectation du bénéfice de 2025. Celui de l’exercice précédent avait été conservé en report à nouveau dans les comptes du régulateur. Pour autant, la Cosumaf n’est pas une entreprise commerciale. Chargée de surveiller les marchés financiers de la CEMAC, de contrôler leurs acteurs et de protéger les investisseurs, elle finance son fonctionnement grâce aux contributions des États membres et aux prélèvements effectués sur les activités du marché. Son bénéfice correspond donc à un excédent de ressources sur les dépenses engagées pour remplir ses missions.
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La nouvelle grille tarifaire permet donc à la Cosumaf de percevoir des recettes à plusieurs niveaux. La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac) et le dépositaire central lui reversent notamment 10 % de leur chiffre d’affaires. Pour les sociétés de bourse, les prélèvements atteignent 2 % sur les activités principales et 3,5 % sur les activités connexes. Les sociétés de gestion contribuent également, à hauteur de 0,03 % de leurs encours moyens mensuels, avec un minimum annuel de 2,5 millions FCFA.
Bien plus, les entreprises et les États qui lèvent des fonds sur le marché sont aussi mis à contribution. Le visa d’un appel public à l’épargne est facturé à 0,3 % du montant de l’opération, tandis que les placements privés supportent une commission de 0,5 %. Sur ce seul poste, le régulateur a encaissé 1,04 milliard FCFA en 2025, contre 877 millions en 2024. Très actif sur le marché obligataire le Gabon a fourni l’essentiel de ces recettes, avec 865 millions de FCFA versés au titre de ses levées de fonds, soit 83 % du total. Les opérations d’établissements parapublics et privés ont rapporté respectivement 96 millions et 79 millions de FCFA.
Des charges de personnel en hausse de 14 %
En plus de ces commissions, les six États de la Cemac injectent chacun 485 millions FCFA/an pour le fonctionnement de la Commission, soit 2,91 milliards au total. À ces contributions s’est ajoutée une subvention de 205 millions FCFA du partenaire Emerging Africa & Asia Infrastructure Fund, destinée à financer trois projets à savoir l’élargissement des instruments financiers, l’éducation des investisseurs et l’élaboration de nouvelles règles comptables et prudentielles pour les professionnels du marché.
Au total, les produits d’exploitation ont progressé de 34,3 % en 2025, à 7,63 milliards de FCFA. Les dépenses ont augmenté beaucoup moins vite, de 12,5 %, pour atteindre 5,86 milliards. Le personnel reste son principal poste de dépenses. Les charges correspondantes ont atteint 3,43 milliards FCFA, en hausse de 14,1 %, notamment avec les recrutements engagés pour compléter les effectifs prévus dans le nouvel organigramme.
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Au plan opérationnel, l’année 2025 a également été marquée par l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché financier régional. La Cosumaf a notamment agréé une société de bourse, une société de gestion et de nouveaux véhicules d’investissement. Les encours des sociétés de gestion ont atteint 1 434,5 milliards FCFA à fin décembre, en hausse de 63,9 %, notamment grâce à la progression des portefeuilles gérés pour le compte de clients.
Le régulateur a parallèlement engagé quatre procédures de sanction visant deux sociétés de bourse et deux conseillers en investissements financiers. Les manquements relevés concernent notamment la gouvernance, le contrôle interne et le respect des règles prudentielles. Ces procédures ne préjugent pas des sanctions qui pourraient être prononcées.








