elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

Marché financier : la Cosumaf muscle son dispositif contre le blanchiment et le financement du terrorisme

Entre vigilance accrue des acteurs, obligations déclaratives renforcées, la Cosumaf entend consolider la crédibilité du marché régional et offrir aux investisseurs un environnement plus sûr et plus transparent.

Publiée mercredi 17 septembre 2025 à 17:27:07Modifiée mercredi 17 septembre 2025 à 17:27:08Temps de lecture 5 minPar Arthur WANDJI

La Cosumaf veut accentuer la lutte contre le blanchiment des capitaux en zone CEMAC
La Cosumaf veut accentuer la lutte contre le blanchiment des capitaux en zone CEMAC

La Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) vient de publier de nouvelles lignes directrices imposant aux acteurs du marché financier de l’Afrique centrale une vigilance accrue face aux risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Cette réforme vise à aligner la sous-région sur les standards internationaux et à renforcer la crédibilité du marché.

La publication de ces directives intervient dans un contexte où la CEMAC cherche à crédibiliser ses institutions financières face aux partenaires internationaux. Plusieurs rapports récents ont mis en lumière les vulnérabilités des marchés africains face au blanchiment et au financement du terrorisme, notamment en raison de la faiblesse des contrôles internes et de la porosité des frontières financières. Pour la Cosumaf, il était devenu impératif d’adopter un cadre harmonisé, conforme aux exigences du Groupe d’action financière (GAFI), afin de préserver la réputation du marché régional et d’éviter d’éventuelles sanctions internationales.

La connaissance du client, pierre angulaire des réformes

Au cœur du dispositif figure l’obligation de vigilance à l’égard de la clientèle. Désormais, chaque société de bourse, société de gestion de portefeuille, banque dépositaire ou intermédiaire agréé devra instaurer des procédures strictes de vérification de l’identité des clients, de leurs ayants droits économiques et de l’origine des fonds investis. Les acteurs devront également se doter de mécanismes de mise à jour régulière de ces informations, afin d’éviter tout relâchement. La vigilance est particulièrement renforcée concernant les personnes politiquement exposées (PPE), identifiées comme présentant un risque accru de corruption et de transferts suspects. Pour chaque relation d’affaires avec une PPE, les acteurs devront obtenir une validation expresse de leur direction et assurer un suivi renforcé des transactions.

Déclarations obligatoires et traçabilité renforcée

La Cosumaf exige des acteurs la mise en place de systèmes de surveillance permettant d’identifier et de déclarer rapidement toute transaction inhabituelle ou suspecte. Les obligations déclaratives couvrent aussi bien les opérations financières atypiques que les comportements jugés incompatibles avec la situation financière déclarée du client. Ces déclarations devront être transmises aux cellules nationales de renseignement financier (ANIF), tout en étant documentées et archivées à l’interne.

Lire aussi : Lutte contre le blanchiment : les suggestions du FMI au Cameroun pour sortir de la liste grise du GAFI

Les nouvelles directives imposent également une tenue rigoureuse des registres de conformité et l’obligation de former régulièrement le personnel à la détection des opérations douteuses. À travers ces dispositions, la Cosumaf entend professionnaliser la fonction de conformité dans les établissements financiers régionaux, souvent considérée comme secondaire jusqu’ici.

Responsabilité

Alors que la COBAC, gendarme bancaire de la CEMAC, prévoit des sanctions dissuasives contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, la Cosumaf souligne désormais l’impératif pour tous les acteurs du marché financier de se conformer à ses directives, témoignant que la conformité n’est plus une simple formalité administrative, mais un véritable enjeu de gouvernance.  « La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme constitue un enjeu majeur de politique publique des États membres de la CEMAC. Les acteurs du marché financier régional ne sauraient s'affranchir des efforts à consentir pour assurer l'intégrité de notre système financier », rappelle la Commission.

Un marché plus attractif, mais un coût d’adaptation élevé

Au-delà des contraintes, la réforme vise à renforcer l’attractivité du marché financier de l’Afrique centrale, encore marqué par une faible profondeur et une liquidité limitée. En sécurisant davantage les opérations et en assainissant les circuits financiers, la Cosumaf espère créer un environnement plus rassurant pour les investisseurs institutionnels, notamment étrangers. Cette crédibilité accrue pourrait attirer de nouvelles émissions obligataires et dynamiser la BVMAC, encore en quête de maturité.

Lire aussi : En plein retrait d’Afrique, Société Générale secouée par une enquête pour blanchiment d’argent et de fraude fiscale

Cependant, pour les acteurs locaux, la mise en œuvre de ces obligations représente un défi : il faudra investir dans des systèmes informatiques sophistiqués, recruter et former du personnel spécialisé et supporter des coûts supplémentaires dans un contexte où les marges restent étroites. Le succès de la réforme dépendra donc de la capacité des acteurs à intégrer rapidement ces exigences sans freiner leur compétitivité.

Un signal politique et économique

En resserrant l’étau contre le blanchiment, la Cosumaf envoie un signal fort : celui d’une autorité qui entend asseoir sa crédibilité et consolider la gouvernance financière dans la sous-région. Le message va au-delà du strict cadre financier : il s’agit de démontrer que l’Afrique centrale veut rompre avec l’image d’un espace vulnérable aux flux illicites. À terme, cette réforme pourrait devenir un levier d’intégration régionale et de confiance accrue, condition indispensable pour que le marché financier de la CEMAC joue pleinement son rôle dans le financement des économies locales.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Marché financier : la Cosumaf muscle son dispositif contre le blanchiment et le financement du terrorisme
cemacCosumafBlanchiment de capitauxArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Design sans titre cca bank camerounBanques et FinanceCameroun : Albert Nkemla cède la présidence de CCA Bank Cameroun à Paul Essimi NgonoDocteur en sciences de gestion, passé par CCEI Bank, Paul Essimi Ngono connaît bien la maison puisqu’il siège depuis 2016 au conseil d’administration de CCA Bank. Il va succéder à Albert Nkemla, désormais tourné vers un autre chantier, l’expansion du groupe à travers l'Afrique.il y a 1 jourCapture d’écran 2026-09-18 à 17.23.33Banques et FinanceTitres publics : le Congo emprunte 19 milliards FCFA avec des rendements allant jusqu’à 10 %Malgré des conditions de rémunération élevées, le Trésor congolais n’a couvert qu’un peu plus de la moitié de ses besoins lors de sa dernière adjudication.il y a 2 joursWhatsApp Image 2026-09-18 at 09.20.23Banques et FinanceCongo : Attijariwafa bank envoie Djibril Ka renforcer la direction du Crédit du CongoFort de plus de vingt ans dans la banque, ce spécialiste du marché des entreprises intègre une filiale d’Attijariwafa bank qui a dégagé 21,83 milliards de FCFA de bénéfice en 2025.il y a 2 joursWhatsApp Image 2026-09-18 at 06.40.57Banques et FinanceBanques : BCP nomme l'Ivoirien Ibrahim Dohia Traoré à la tête de sa filiale au CongoIngénieur en technologies de l'information formé à l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, le banquier ivoirien cumule aujourd'hui 27 ans d'expérience dans les secteurs financier et technologique.il y a 2 jourstransfert d'argent okBanques et FinanceCameroun : les transferts d’argent de la diaspora ont bondi de 157 % en dix ansEn dix ans, les sommes envoyées au pays par les Camerounais de l’étranger ont été multipliées par 2,6, pour atteindre près de 395 milliards de FCFA en 2025. Une envolée accompagnée par la baisse des frais de transfert et l’essor des canaux numériques.il y a 2 joursWhatsApp Image 2026-09-17 at 9.24.52 AMBanques et FinanceCameroun : CCA Bank renforce sa finance islamique grâce à une facilité de près de 10 milliards de FCFA de l’ICDÀ l’occasion de la Journée du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), organisée le 14 septembre 2026 au Cameroun, CCA Bank a mis en lumière une facilité de financement de 15 millions d’euros, soit environ 9,84 milliards de FCFA, mobilisée auprès de la Société islamique pour le développement du secteur privé (ICD), membre du Groupe de la BID.il y a 3 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : Albert Nkemla cède la présidence de CCA Bank Cameroun à Paul Essimi Ngonoil y a 1 jour2CCA-Bank obtient le feu vert de Brazzaville pour s’implanter au Congoil y a 6 jours3Cameroun : l’ex-patron d’UBA Congo lance une microfinance au capital de 305 millions FCFAil y a 4 jours4Cameroun : le pakistanais Sunrise Food veut implanter un complexe agroalimentaire à Doualail y a 6 jours5Le mirage de l’or noir traditionnel : pourquoi la tontine n’a jamais rendu milliardaire au Cameroun ?il y a 4 jours6Cameroun : 215 agents du ministère des Finances soupçonnés d’avoir perçu des rappels de salaires en doubleil y a 3 jours7CEMAC : BGFI Holding lance sa deuxième augmentation de capital à 80 000 FCFA l’actionil y a 5 jours8Titres publics : le Congo emprunte 19 milliards FCFA avec des rendements allant jusqu’à 10 %il y a 2 jours9Cameroun : plus de 50 financiers manifestent leurs intérêts pour le barrage de Kikotil y a 5 jours10Cameroun : la BID accorde une ligne de crédit de 95 millions d’euros à quatre banques pour soutenir les PMEil y a 5 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

nsia-19-09-2026
App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.