Le gouverneur de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a appelé les autorités centrafricaines à accélérer le redressement des Caisses mutuelles de Centrafrique (CMCA), principal réseau de microfinance du pays, placé sous administration provisoire depuis un an. Reçu le 22 juin par le président Faustin-Archange Touadéra, le gouverneur, également président de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC), a réaffirmé la nécessité de sauver cet établissement, confronté depuis plusieurs années à une grave crise financière et de gouvernance.
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« Depuis près d'un an, la COBAC a nommé un administrateur provisoire pour les CMCA », a rappelé Yvon Sana Bangui. « Sa mission consiste à sauver l'établissement, procéder aux recouvrements, protéger les avoirs de la clientèle et rétablir l'équilibre financier à travers un plan de restructuration rigoureux. » Cette déclaration intervient un an après la décision de la COBAC, le 26 juin 2025, de placer les CMCA sous administration provisoire.
Le juriste Jacob Mbaïtadjim, fondateur du cabinet JMB & Partners, avait alors été désigné pour établir un diagnostic de l'institution et conduire son redressement. Douze mois plus tard, les résultats tardent à se concrétiser. Selon les informations recueillies par EcoMatin en février dernier, les CMCA demeurent confrontées à un déficit chronique, à une grave crise de liquidité et à une perte de confiance de leurs sociétaires. Le réseau, qui comptait près de 56 000 adhérents en 2023, n'en revendique plus qu'environ 32 000 et cumule près de 4 milliards de FCFA de créances impayées.
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Face à cette situation, le président de la COBAC a demandé l'appui des autorités centrafricaines pour le lancement d'un audit indépendant afin d'établir les responsabilités dans la gestion passée des CMCA. Il a également plaidé pour une coopération judiciaire renforcée, évoquant un éventuel recours à Interpol pour retrouver certains anciens dirigeants ayant quitté le pays. Il appelle enfin à accélérer les procédures judiciaires en cours afin d'identifier les auteurs présumés des détournements, saisir leurs biens et indemniser les épargnants lésés.
Malgré l'ampleur de la crise, Yvon Sana Bangui estime que les CMCA demeurent un maillon essentiel de l'inclusion financière en République centrafricaine et plaide pour leur préservation dans le cadre du plan de restructuration.

