Le gouvernement centrafricain a décidé, le 18 février 2026 à Bangui, de réviser la valeur mercuriale de l’or, la portant de 30 000 à 50 000 FCFA par gramme. La décision a été annoncée à l’issue d’une réunion présidée par le ministre des Mines et de la Géologie, Rufin Benam Beltoungou. Selon le communiqué officiel, cette mesure de relèvement de la base taxable vise à « préserver les intérêts de l’État, renforcer la transparence du secteur et lutter efficacement contre la contrebande », tout en maintenant le taux de taxation à l'exportation à 2,25 %.
Cette révision correspond à un ajustement fiscal face à l’envolée du cours international du métal jaune. Avec un prix mondial proche de 98 000 FCFA le gramme depuis fin 2025, et l'once à 5000 dollars (plus de 3 millions FCFA), l’ancienne base de calcul créait un écart important entre la valeur réelle et la valeur taxable, réduisant mécaniquement les recettes publiques. En rehaussant la mercuriale à 50 000 FCFA, l’État augmente d’environ 66% la base de prélèvement sans modifier le taux de taxe, ce qui pourrait permettre d’accroître les recettes tout en conservant une marge suffisante pour les exportateurs officiels afin de limiter l’attrait des circuits informels.
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La réforme devrait ainsi améliorer la captation de la rente aurifère dans un secteur dominé par l’exploitation artisanale. En République centrafricaine, plusieurs centaines de milliers d’orpailleurs opèrent sur des sites comme Boda, Nola ou Bambari, mais une part importante de la production échappe au circuit déclaré. En pratique, la taxe passe d’environ 675 FCFA à 1 125 FCFA par gramme exporté, renforçant les ressources budgétaires et incitant les opérateurs à déclarer leurs volumes pour bénéficier d’un prix de référence plus proche du marché.
Ce réajustement s’inscrit dans un contexte où l’or constitue le premier produit d’exportation du pays, devant le diamant, mais contribue encore faiblement aux finances publiques. Pour une production théorique de 2 tonnes, la nouvelle mercuriale pourrait générer près de 2,25 milliards FCFA de recettes fiscales contre 1,35 milliard auparavant, selon les récents rapport ITIE. Bangui cherche ainsi à transformer son potentiel aurifère en levier budgétaire durable, tout en améliorant sa crédibilité en matière de gouvernance minière et de traçabilité internationale.

