Lors d’un sommet multilatéral organisé par le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, en présence de plusieurs dirigeants africains, le chef de l’État gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a tenu un discours offensif et sans détours. Son objectif : convaincre Washington d’adopter une approche plus directe, pragmatique et équitable dans ses relations commerciales avec le continent, et avec le Gabon en particulier. En matière de sécurité, le président gabonais a interpellé son homologue américain sur l’urgence de renforcer la coopération dans le golfe de Guinée, en proie à la piraterie. « Le golfe de Guinée pose un problème. Il y a de la piraterie maritime dans cette région et nous voulons travailler ensemble pour la stabiliser », a-t-il plaidé. « Vous avez dit que vous aviez le meilleur équipement militaire, et c’est ce que nous aimerions avoir pour arrêter la piraterie maritime». Oligui Nguema a insisté sur la nécessité de partenariats concrets, loin des promesses sans lendemain. « Nous avons besoin d’un partenaire fiable, fort, qui s’engage, qui prenne des mesures concrètes et mène des actions réelles. Nous devons également être pragmatiques. Et c’est ce que vous êtes, M. le Président. Moi aussi, je suis un général. J’aime quand les choses avancent rapidement. »
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« Nous ne sommes pas des pays pauvres »
le chef de l’Etat gabonais a tenu un propos sans détours en vue éliminer, entre autres, les intermédiaires dans le commerce entre les Etats-Unis et le Gabon. « Nous voulons transformer notre manganèse localement que vous achetez par l’intermédiaire d’une entreprise [française] appelée Eramet. Je suis sûr que c’est plus cher comparé à ce que vous pourriez acheter directement chez nous », a déclaré Brice Oligui Nguema. Et d’ajouter : « Vous êtes les bienvenus pour venir investir, sinon d’autres pays pourraient venir à votre place ».
Pour effectuer la transformation locale du manganèse évoquée par le président gabonais, il a indiqué à son homologue que le pays a besoin de 8 à 10 GW d’électricité. Pour ce faire, a-t-il précisé, le marché est soumis aux règles strictes d’appel d’offres. Ainsi, toute entreprise américaine qui souhaite investir dans l’électricité au Gabon, est la bienvenue pour saisir cette opportunité.
Le chef de l’Etat du Gabon en a profité pour vanter son pays sans complexe. « Le Gabon est un pays riche. Nous avons plus de deux millions d’habitants et une grande diversité ; des matières premières, du pétrole, et des réserves de gaz et nous aimerions que ces ressources soient exploitées dans un modèle économique adapté. Depuis notre libération, nous avons changé notre façon de faire du commerce. Nous nous sommes concentrés sur la transparence et les appels d’offres pour quiconque souhaitent venir investir dans notre pays », a déclaré M. Oligui Nguema.
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Au moment où le président gabonais mène ce plaidoyer en terre américaine, son pays vit un contexte particulier. En effet, depuis son accession au pouvoir, il mène une politique souverainiste et nationaliste. Raison pour laquelle, il a entamé depuis 2023, la nationalisation des entreprises stratégiques dans les domaines énergétiques et miniers. Dans le secteur des mines notamment, le Gabon a décidé d'interdire l'exportation de manganèse brut à partir du 1er janvier 2029, dans le but de favoriser la transformation locale de cette ressource. Cette décision vise à stimuler l'industrialisation du secteur minier et à renforcer la chaîne de valeur locale.
Avec la déclaration de Brice Clotaire Oligui Nguema en visite au Etats-Unis, l’on découvre qu’il ne s’agit pas seulement stimuler la valeur ajoutée du Manganèse mais de couper l’herbe sous le pied des entreprises intermédiaires.
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