Le Gabon a officiellement sollicité un financement substantiel auprès de la U.S. International Development Finance Corporation (US-DFC) et de l'EXIMBANK américaine, avec une demande de prêt oscillant entre 2 et 3 milliards de dollars (1 200 à 1 800 milliards Fcfa). Cette démarche s'inscrit dans un contexte où les États-Unis cherchent activement à sécuriser l'accès aux minerais critiques tels que le manganèse, le cuivre, le cobalt, le lithium et la potasse, dont ils importent environ 80% de leurs besoins. Le renforcement de leurs partenariats en Afrique est ainsi crucial face à une compétition mondiale accrue pour ces ressources stratégiques. Selon les déclarations du Président Brice Clotaire Oligui Nguema et d'une annonce de la Présidence Gabonaise le 9 juillet, ces fonds devraient servir à développer des projets structurants du pays. « Reçu ce 9 juillet à Washington par le Président Donald Trump dans le cadre d’un dîner de travail de haut niveau, j'ai réaffirmé la vision du Gabon : bâtir une économie forte, souveraine et tournée vers l’avenir. », a précisé le Chef de l'État gabonais.
Une diplomatie économique axée sur l'industrialisation et la valorisation des ressources
Lors de cette rencontre de haut niveau, le Président Oligui Nguema a mis en avant plusieurs projets d'envergure, essentiels à l'industrialisation et à l'intégration du Gabon dans la chaîne de valeur mondiale. Au cœur des discussions figurait le projet de ligne de chemin de fer Belinga-Boué-Mayumba, une infrastructure de 901 km destinée à transporter le minerai de fer et à structurer le territoire national, déjà annoncé lors de son discours à la Nation du 31 décembre 2024.
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D'autres initiatives clés ont été présentées, incluant le développement minier avec la signature d'un accord pour la potasse de Mayumba avec Millennial Potash, des discussions avec Exxon Mobil et BOEING, la construction du port en eau profonde de Mayumba, et le barrage hydroélectrique de Boué. Ces projets visent à transformer le Gabon en un pays interconnecté, exploitant pleinement ses vastes ressources naturelles comme le fer, l'or, le cobalt, le lithium, le manganèse et le cuivre, des éléments clés pour les industries technologiques et la transition énergétique mondiale.
Un catalyseur économique mutuellement bénéfique
L'obtention de ce financement de la part des institutions américaines s'avérerait un catalyseur important pour le Gabon, lui permettant de concrétiser ses aspirations de croissance durable et inclusive. Les projets présentés, qui englobent les infrastructures, l'énergie et l'aviation, sont spécifiquement conçus pour générer de la valeur ajoutée localement, créer des emplois et diversifier l'économie du pays, réduisant ainsi sa dépendance historique au pétrole. Pour les États-Unis, cet engagement financier pourrait représenter une opportunité stratégique de garantir un accès stable et sécurisé à des minerais essentiels à leur propre développement industriel et à la résilience de leurs chaînes d'approvisionnement.
Ces négociations avec Washington surviennent peu après que le Gabon a déjà sécurisé un financement significatif de 3,2 milliards de dollars (environ 1 920 milliards Fcfa) auprès d'Afreximbank pour des projets industriels et énergétiques. Ce succès récent témoigne de la vigueur de la diplomatie économique gabonaise, qui vise à attirer des capitaux internationaux et à forger des partenariats solides pour le développement de ses secteurs clés.
Le Gabon, un acteur en mutation dans le paysage économique africains
Cette démarche s'inscrit dans une série d'initiatives récentes du Gabon visant à renforcer sa souveraineté économique et à mieux contrôler la valorisation de ses ressources. Le pays a récemment procédé à des nationalisations dans le secteur pétrolier (Assala Energy, Tullow Oil) et a annoncé la suspension des exportations de manganèse brute par Eramet à partir de 2029, signalant une volonté claire de transformer et de contrôler davantage ses chaînes de valeur minières. La sollicitation de financements auprès d'institutions américaines pour des projets d'infrastructures et de valorisation minière représente une nouvelle étape dans cette stratégie de diversification et d'autonomisation économique, marquant une période de profonde mutation pour le Gabon sur la scène économique et minière africaine.
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