La Banque mondiale a publié son traditionnel rapport sur l’Indice de performance des ports à conteneurs (CPPI), élaboré en partenariat avec S&P Global Market Intelligence. Cet indicateur, qui couvre plus de 400 ports dans le monde, s’appuie sur les données de l’Automatic Identification System (AIS) des navires pour mesurer l’efficacité des opérations de chargement et de déchargement.
Concrètement, il évalue le temps de séjour des porte-conteneurs, la vitesse de manutention des marchandises, mais aussi la qualité des infrastructures portuaireset l’efficacité des connexions terrestres.
Lire aussi : Douala : Le PAD et Arise IIP créent une coentreprise pour piloter la zone logistique de Dibamba
Les chiffres de 2024 confirment la contreperformance chronique des plateformes portuaires camerounaises. Avec un score de -97 (contre -80 en 2023), le Port autonome de Douala (PAD) recule de dix places dans le classement mondial et se retrouve désormais au 381ᵉ rang sur 403 ports évalués. À l’échelle africaine, il se classe 32ᵉ sur 41. La chute est encore plus marquée pour le Port en eaux profondes de Kribi(PAK), dont le score s’est dégradé de -62 à -199, entraînant une perte de 31 places. Relégué au 397ᵉ rang mondial, le PAK se retrouve dans le peloton de queue du classement. Le rapport n’apporte pas d’explication détaillée à ces contreperformances, mais la tendance est similaire ailleurs dans la sous-région. En zone CEMAC, le Port de Pointe-Noire (Congo) affiche le pire score (-283), classé 401ᵉ mondial et 40ᵉ africain. À l’inverse, les ports équato-guinéens de Bata (260ᵉ) et Malabo (285ᵉ) s’en sortent mieux, tandis que le Port d’Owendo (Gabon) améliore légèrement son score, passé de -50 à -30, et se positionne au 331ᵉ rang.
Lire aussi : Patrice Melom : « le Port de Kribi va repositionner les principales routes maritimes mondiales vers le Cameroun »
On se souvient que le classement 2023 avait déjà suscité une salve de critiques au Cameroun. Au Port PAD, la méthodologie utilisée par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence avait été vivement contestée. Le directeur délégué de la Régie du terminal à conteneurs (RTC), Dieudonné Lin Onana Doh, avait alors estimé qu’«une étude de terrain aurait certainement permis d’affiner davantage les conclusions de ce rapport ».
Lire aussi : Le PAK recherche un peu plus de 100 milliards pour financer six projets déjà matures
À contrario, les chiffres publiés mettent en évidence la remontée spectaculaire du port de Dakar, dont le score est passé de –82 en 2023 à +23 en 2024, l’une des plus fortes progressions au niveau mondial. Mais la capitale sénégalaise n’est pas la seule à tirer son épingle du jeu. Le port de Cotonou (Bénin), bien qu’encore dans le rouge avec un score de –17, a gagné plus de 226 points en un an, tandis que les ports sud-africains de Cape Town et Coega signent également un net rebond après avoir longtemps figuré parmi les moins performants du globe. À l’echelle africaine, c’est le Port-Saïd en Égypte qui occupe le 1er rang et la 3ᵉ place mondiale avec un score de 137, suivi par Tanger-Med (Maroc), 5ᵉ mondial avec 136.

