Au Cameroun, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) anticipe une production pétrolière de 20,8 millions de barils à fin 2026, après être tombée sous la barre des 20 millions un an plus tôt. L'information a été révélée le 21 octobre, en marge du bilan de l'African Energy Week (AEW), grand rendez-vous de la communauté énergétique africaine, qui s'est tenu en Afrique du Sud du 12 au 16 octobre. Dans une séquence vidéo consacrée à la valorisation des ressources pétrolières et gazières du pays, l'entreprise publique, dirigée par Adolphe Moudiki depuis 1993, table sur une remontée progressive des volumes d'extraction. « Après une production de 19,4 millions de barils en 2025, la SNH prévoit une production de 20,8 millions de barils en 2026 et 22,1 millions de barils en 2027 », précise la note.
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Des champs pétroliers viellissants
Ces prévisions marqueraient une rupture avec la tendance baissière observée sur la dernière décennie, souvent attribuée au vieillissement des champs, au manque de nouvelles découvertes et au repli des investissements. Si elles se confirment, les volumes de 2026 représenteraient une hausse de 1,4 million de barils, soit 7,2 % sur un an. Entre 2015 et 2025, la production nationale est passée de 34,97 millions à 19,4 millions de barils, soit une contraction de 15,57 millions de barils (−44,5 %), 2025 marquant le point bas de cette période.
Pour concrétiser ce rebond, l'entreprise publique mise sur six nouveaux puits de développement forés fin 2025 sur le champ Bravo, dans le bassin du Rio del Rey. Opéré par Perenco, ce champ doit apporter une production additionnelle de 4 000 barils par jour. Ces prévisions haussières restent toutefois ambitieuses, malgré des conditions de commercialisation plus favorables au deuxième trimestre. Selon les données de la SNH, le prix officiel moyen du pétrole commercialisé pour le compte de l'État est passé de 69,74 dollars le baril au premier trimestre à 104,15 dollars au deuxième. Cette évolution des prix ne suffit cependant pas à garantir le redressement des volumes extraits, dans un secteur confronté au vieillissement de plusieurs gisements.
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Plus de 5 millions de barils pour la SNH
Au premier semestre 2026, la production brute de pétrole du Cameroun s'est établie à 9,009 millions de barils, selon les données trimestrielles de la SNH. Elle est passée de 4,599 millions de barils au premier trimestre à 4,410 millions au deuxième, soit un recul de 4,1 %. Sur le volume cumulé des six premiers mois, 5,378 millions de barils (59,7 %) correspondent à la part revenant à l'État à travers la SNH, contre 3,631 millions de barils (40,3 %) pour les associés pétroliers. La baisse observée au deuxième trimestre provient principalement de ces derniers, dont la part de production a reculé de 9,7 %, tandis que celle de l'État est restée quasiment stable.
L’opérateur franco-britannique Perenco a livré à lui seul 4,662 millions de barils au premier semestre, soit 51,7 % de la production nationale, devant le chinois Addax sur le champ Lokélé (2,059 millions de barils, soit 22,9 %). À elles seules, ces deux acteurs représentent ainsi près des trois quarts de la production pétrolière camerounaise. Le reste provient de gisements secondaires exploités notamment par Perenco et Addax, dans le cadre de leurs associations avec la SNH.
Le pétrole pèse directement sur les recettes publiques. Selon le débat d'orientation budgétaire, les recettes pétrolières recouvrées par l'État se sont établies à 106,6 milliards de FCFA à fin mars 2026, en baisse de 34,6 % en glissement annuel. Les données de commercialisation de la SNH montrent néanmoins une progression des ressources au deuxième trimestre. Le solde transférable à l'État est passé de 49,253 milliards de FCFA au premier trimestre à 132,852 milliards au deuxième, soit une hausse de près de 170 %. Il atteint ainsi 182,105 milliards de FCFA au premier semestre, sans que ce montant corresponde nécessairement aux sommes déjà effectivement encaissées par le Trésor.
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Une reprise à confirmer
Pour atteindre les 20,8 millions de barils annoncés à fin 2026, le Cameroun devra donc produire près de 11,8 millions de barils au second semestre, soit une accélération de 30,9 % par rapport aux six premiers mois de l'année. Un objectif exigeant, alors que la production a encore reculé entre avril et juin. Cette ambition se heurte également aux contraintes géologiques du secteur, marqué par le vieillissement des gisements. Aucune nouvelle découverte d'hydrocarbures commercialement exploitable n'est documentée dans les données trimestrielles examinées, lesquelles ne permettent toutefois pas d'établir à elles seules l'évolution des réserves nationales.
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