Selon les informations obtenues par EcoMatin, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun a lancé une nouvelle campagne d'appel d'offres, baptisée « Bid Round 2026 », portant sur six blocs d'exploration pétrolière. Ils couvrent une superficie globale de 11 026,57 km², répartie sur trois bassins sédimentaires. L'appel d'offres a été officialisé en marge du Forum des directeurs généraux des sociétés nationales des hydrocarbures, organisé par l'Association africaine des pays producteurs de pétrole (APPO) et par l'African Farmout Forum lors de la Semaine africaine de l'énergie, au Cap (Afrique du Sud).
Les soumissions sont ouvertes jusqu'au 28 mai 2027, avec des résultats prévus en juin de la même année. « Cette campagne offre un point d'entrée stratégique tant pour les opérateurs établis que pour les nouveaux acteurs en quête d'opportunités sur un marché éprouvé d'Afrique centrale », a déclaré Pierre Eric Nkoa Nkoa, directeur adjoint de l'exploration à la SNH.
Cette mise en concurrence, confirmée par une source proche du dossier, succède directement au Licensing Round lancé en août 2025 sur neuf blocs, pour une superficie totale de 15 540 km². Clos en avril 2026, celui-ci a abouti à l'attribution de cinq blocs à des opérateurs tels que le britannique Octavia Energy et l'américain Murphy Oil, tandis que quatre périmètres sont restés vacants.
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Le Bid Round 2026 reprend précisément ces quatre blocs, auxquels s'ajoutent deux blocs laissés de côté depuis plus de dix ans pour des raisons de sécurité. Il s'agit de ceux de Zina et de Makary, dans le bassin de Logone Birni (Extrême-Nord). Ils avaient été attribués à la société chinoise Yan Chang dans le cadre d'un contrat de partage de production signé en avril 2009, sur une superficie initiale de 8 506 km², avant d'être suspendus en mai 2014 à la suite d'une déclaration de force majeure liée à la menace de Boko Haram.
Les quatre autres blocs sont ceux de la rivière Ndian (2 530,13 km²) et de Bakassi (739,59 km²), dans le bassin du Rio del Rey, ainsi que ceux de Kombe-Nsepe (3 026 km²) et de Bomono (2 371,48 km²), dans le bassin de Douala/Kribi-Campo. La SNH confirme que tous ces blocs disposent d'une couverture de données sismiques 2D et se situent à proximité de gisements prouvés.
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Cette stratégie d'ouverture s'accélère alors que le secteur subit un repli marqué de ses performances financières, de ses réserves et de sa production, dans un contexte où les hydrocarbures pèsent encore environ 11 % des recettes extérieures du pays en 2025. Selon une récente note d'information de la SNH, les revenus totaux générés pour l'État par la société publique, incluant le solde transférable, les dividendes et les taxes, ont chuté de 27,5 %, à 412,3 milliards de FCFA en 2025, contre 568,7 milliards en 2024. Le solde transférable a reculé de 29,4 %, passant de 516,29 à 364,58 milliards de FCFA.
Sur le plus long terme, le déclin se confirme. Les réserves pétrolières du pays ont chuté de 19,17 %, à 194,78 millions de barils au 31 décembre 2025, contre 240,96 millions en 2016. La production annuelle de brut a, elle, diminué de 44,6 % entre 2015 et 2025, passant de 34,97 à 19,37 millions de barils, malgré des forages récents, dont six puits de développement réalisés en 2025 sur le champ Bavo Marine, dans le bassin du Rio del Rey, avec un objectif additionnel de 4 000 barils par jour.
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