Les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés dont la Russie, formant l'OPEP+, sont actuellement en discussion pour une troisième augmentation consécutive de la production de pétrole, prévue pour le mois de juillet prochain. Selon des informations rapportées par Bloomberg le 22 mai, une hausse supplémentaire de 411 000 barils par jour est envisagée pour cette période. Une fois actée, cette hausse va représenter une progression d'environ 1,03% par rapport à la production journalière actuelle du Cartel qui est un volume global de 39,725 millions de barils de pétrole brut par jour, dont 24,135 millions de barils pour les pays membres de l'OPEP et 15,59 millions de barils pour les producteurs hors OPEP, selon le récent rapport de l’OPEP du 14 mai. D’après Bloomberg, la décision finale devrait être prise lors de la réunion du groupe le 1er juin 2025.
Cette augmentation représente le triple de l'accroissement mensuel initial de 137 000 barils par jour (bpj) qui avait débuté le 1er avril 2025. Cette accélération s'inscrit dans un plan plus large visant à annuler progressivement 2,2 millions de bpj de réductions volontaires. Ces réductions, qui sont une phase des ajustements de l'OPEP+ pour stabiliser et soutenir les cours du pétrole sur le marché, ont été instaurées plus récemment en 2023, même si la politique globale de gestion de l'offre par le groupe remonte à plusieurs années (2019). D'après Bloomberg, cette stratégie vise à ajuster l'offre en fonction des conditions du marché et à maintenir un équilibre durable entre l'offre et la demande.
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Les perspectives de la demande pétrolière sont actuellement à la hausse. Le dernier rapport de l'OPEP (14 mai) prévoit une croissance de la demande mondiale de pétrole de 1,85 million de barils par jour (bpj) en 2025. Malgré une légère baisse de la production de brut de 106 000 bpj en avril par rapport à mars, le groupe OPEP+ cherche clairement à adapter son offre pour répondre à cette croissance anticipée de la demande. Cependant, les experts du secteur soulignent que cette hausse de l'offre pourrait exercer une pression supplémentaire sur le marché et potentiellement influencer les prix du pétrole. En avril, les prix avaient déjà connu une baisse significative, le baril de Brent s'étant établi aux alentours de 67-68 dollars, après une diminution d'environ 6,6% en glissement mensuel.
Statu quo pour les pays d'Afrique centrale ?
Cette augmentation potentielle de la production de l'OPEP pourrait ne profiter pleinement aux économies des pays de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique centrale) qui sont membres du cartel et peinent à respecter les quotas de production exigés par l'OPEP. Pour le Congo, dont le quota est de 336 000 barils par jour, sa production en avril, bien qu'en légère hausse de 7 000 barils par jour pour atteindre 270 000 barils par jour selon le récent rapport de l’OPEP, reste significativement en deçà de son objectif. La Guinée Équatoriale, quant à elle, a vu sa production baisser de 5 000 barils par jour en avril, atteignant 48 000 barils par jour, un chiffre également inférieur à son quota de plus de 300 000 b/j. Pour l'année 2024, le pays avait déjà annoncé une réduction de sa production à 70 000 barils/jour en raison de sa sous-performance par rapport aux objectifs de l'OPEP. Le Gabon, avec une production s'établissant à 222 000 barils par jour en avril, a manqué de peu d’atteindre son quota de 230 000 b/j. Ces écarts de performance peuvent limiter la capacité de ces pays à capitaliser sur les hausses de production décidées au niveau du cartel. Et par conséquent des recettes pétrolières.
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