La période préélectorale au Cameroun, déjà marquée par de vives tensions, est désormais le théâtre de nouveaux différends. Le Social Democratic Front (SDF) et le Parti de l’Unité et de la Renaissance Sociale (PURS) d’une part, le Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) et l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) d’autre part, s’opposent sur l’utilisation de symboles électoraux revendiqués par chacun comme leur identité propre. Ces quatre partis d’opposition, dont les leaders sont engagés dans la présidentielle du 12 octobre prochain, ont porté le litige devant le Conseil constitutionnel, qui doit trancher ce 21 août.
Le premier contentieux oppose le SDF au PURS. Le parti de Joshua Osih reproche au PURS d’avoir retenu, pour son bulletin de vote, le poing levé, symbole historique du SDF. Selon sa requête, le Code électoral impose que les noms, acronymes et symboles des partis soient distincts et ne prêtent pas à confusion. Le SDF rappelle avoir déclaré ce signe bien avant son rival, mais n’a découvert la duplication qu’au moment de la validation des bulletins.
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Un cas similaire oppose le FSNC d’Issa Tchiroma à l’UDC de Patricia Tomaino Ndam Njoya. Le FSNC revendique depuis longtemps la couleur « jaune Vallauris » pour son bulletin. Or, lors de la dernière vérification du 11 août, le parti a constaté que cette couleur avait été attribuée à l’UDC.
Confiant, l’UDC s’appuie sur l’article 131 (2) du Code électoral, qui stipule que « le Conseil constitutionnel attribue par priorité à chaque candidat sa couleur, son sigle ou son symbole traditionnel par ordre du parti qui l’a investi et, dans les autres cas, suivant la date de dépôt de la candidature ». Un argument qui pourrait également bénéficier au SDF, attaché au maintien de son poing levé, gage de sa crédibilité et de sa mémoire historique auprès des électeurs.
La saisine du Conseil constitutionnel dans ce type de différend est rare. Elle met en lumière l’importance des couleurs, sigles et symboles dans la vie politique camerounaise, où l’identité visuelle d’un parti fait partie intégrante de son ADN et de sa reconnaissance populaire.
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