Alors que le processus électoral pour la présidentielle d'octobre 2025 est entré dans une phase cruciale avec l’examen en cours au Conseil constitutionnel des recours déposés par les candidats recalés par Elections Cameroon (Elecam) lors de la publication de la liste provisoire des candidats à la présidentielle, un nouvel épisode vient animer le débat sur la transparence et l'équité du scrutin. Joshua Osih, candidat du SDF et président du Social Democratic Front (SDF), l'un des principaux partis d'opposition au Cameroun, a officiellement saisi le président du Conseil électoral ce 31 juillet pour demander « la relocalisation de certains bureaux de vote » dans le cadre du scrutin du 12 octobre 2025.
Dans sa correspondance, Joshua Osih, met à l’index des « irrégularités constatées » dans la localisation de certains bureaux de vote dans l’étendue du territoire national. Le président du SDF se base sur la publication par le directeur général des Élections, des listes provisoires des bureaux de vote dans lesquelles, après analyse, l’on note la présence de lieux qui ne garantissent pas la neutralité des opérations de vote. « Il ressort que près de 1153 bureaux de vote sont encore implantés dans des lieux non-accessibles au public ou ne répondant pas aux critères de neutralité, accessibilité et de sécurité prévus par le Code électoral en son article 96 alinéa 4 », fait observer Joshua Osih.
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Ces bureaux de vote, assure le candidat, sont situé dans des camps militaires, des états-majors de l’Armée, des chefferies traditionnelles, la présidence de la République, présentée par le leader du parti comme « le siège de campagne du RDPC le parti au pouvoir ».
1153 bureaux de vote
En faisant le décompte, 12 de ces bureaux de vote sont officiellement dans des casernes militaires, 05 dans les Etats-majors de l’Armée y compris à la présidence de la République, tandis que, enfonce le candidat du SDF, « 1141 bureaux de vote sont établis dans des chefferies traditionnelles, parfois désignées de manière euphémique comme des esplanades de chefferies traditionnelles alors que le vote en plein air est proscrit et l’accès à ces lieux demeure restreint ou soumis à des règles coutumières ».
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La localisation géographique des 1141 bureaux, tirée des listes provisoires d’Elecam, permet de constater que 06 sont dans l’Adamaoua, 546 se trouvent dans le Centre, 32 sont implantés à l’Est, 432 dans l’Extrême-Nord, 36 au Littoral, 04 dans le Nord, 35 à l’Ouest et 50 dans le Sud. « Cette situation, assène-t-il, constitue une violation manifeste du Code électoral et représente une faille sécuritaire grave ».
Des armes dans les bureaux de vote
Le candidat poursuit qu’« il est matériellement et juridiquement inacceptable que des bureaux de vote soient maintenus dans des casernes ou des Etats-majors qui ne sont ni des lieux civils ni neutres et où la présence d’armes et de personnels armés contredit l’exigence légale d’interdiction des armes dans les bureaux de vote ».
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En ce qui est de la chefferie traditionnelle, il convoque les dispositions du droit public camerounais qui exclut ce lieu du champ des espaces publics. «La chefferie traditionnelle est un espace coutumier souvent privé ou communautaire placée sous l’autorité d’un chef traditionnel selon des règles propres à chaque groupement », précise-t-il dans sa correspondance.
Désir de transparence
La demande de Joshua Osih au président du conseil électoral vise à démocratiser l'accès aux urnes en déplaçant ces bureaux de vote vers des lieux neutres et publics, tels que des écoles, des centres communautaires, ou des espaces ouverts à tous. L'objectif étant d'assurer à chaque citoyen l’exercer libre de son droit de vote dans un environnement sécurisé, neutre et facile d'accès, sans crainte de pressions ou d'intimidations.
Par le passé, des préoccupations similaires ont été soulevées par d'autres acteurs de l'opposition et des organisations de la société civile. La question des "bureaux de vote illégaux" ou inaccessibles a souvent été au centre des contestations post-électorales.



