Depuis Genève, le patron du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme (HCDH), Volker Türk, a exhorté les autorités de Yaoundé à prendre des « mesures urgentes pour garantir un environnement propice à des élections libres, transparentes, inclusives et honnêtes ». Il a souligné que l'absence d'un espace civique ouvert, où les voix critiques peuvent s'exprimer sans crainte de représailles, compromet la crédibilité du processus électoral. « Il est à déplorer qu’un tel environnement ne semble pas prévaloir au Cameroun », a regretté le Haut-Commissaire Volker Türk.
Selon le HCDH, plusieurs signes alarmants indiquent un rétrécissement de l’espace démocratique au Cameroun. Parmi eux, on peut citer des restrictions à la liberté de rassemblement, où des manifestations de l'opposition et de la société civile sont fréquemment interdites ou violemment dispersées par les forces de sécurité. Des militants et des leaders de partis politiques sont régulièrement arrêtés pour avoir organisé des rassemblements non autorisés.
Ensuite, il y a des journalistes et des activistes, victimes d’actes d’intimidations et des arrestations sans lien avec l’exercice de leur métier. Ces derniers, dont les activités sont perçues comme une menace par les autorités, sont également victimes de harcèlement accru tandis que certains sont poursuivis en justice pour des motifs fallacieux, visant à les museler. L’organisme onusien cite ainsi l’arrestation le 4 août 2025, de 53 partisans de l’opposition devant le Conseil constitutionnel à Yaoundé, lors d’audiences en appel contre certaines décisions du conseil électoral. Les partisans ont été accusés de trouble à l’ordre public, de rassemblement illégal, de rébellion et d’incitation à la révolte. Ils ont cependant été libérés entretemps.
Au-delà, s’inquiète le HCDH, les entraves à la participation politique de certains candidats, exclus de la candidature à l'élection, notamment des figures de l'opposition à l’instar du Pr. Maurice Kamto, sont mises en lumière. Le Haut-Commissaire a rappelé que "chaque citoyen a le droit de participer à la vie publique de son pays", et que de telles exclusions privent une partie de l’électorat d’un choix démocratique.
« L’égalité d’accès à la participation aux processus électoraux pour tous les Camerounais est absolument essentielle. Toute mesure susceptible de priver certaines parties de la société camerounaise de leurs droits devrait faire l’objet d’une attention immédiate », insiste Volker Türk. Qui appelle également appelé le gouvernement camerounais à lutter plus efficacement contre les discours de haine et l'incitation à la violence, qui se sont intensifiés à l'approche du scrutin.
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Cette déclaration du HCDH s'inscrit dans une série d'alertes internationales sur la situation au Cameroun, notamment la persistance des conflits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui pourraient entraver la participation de millions d'électeurs. L'ONU a déjà souligné l’importance de créer un environnement de confiance pour les populations affectées par ces crises.
La déclaration du HCDH du 2 septembre 2025 met en lumière les défis majeurs auxquels le Cameroun est confronté à l'approche de l’élection présidentielle. L'ONU exhorte le gouvernement à agir concrètement pour garantir un processus électoral équitable, libre et transparent, et ainsi éviter une nouvelle vague de tensions post-électorales.
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