Le groupe pétrolier camerounais Tradex, filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), a repris les travaux de sa future station-service de N’Djili, démolie le 28 août dernier en face de l’aéroport international de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). Selon une source proche du dossier, ils ont redémarré début octobre, sur instruction des autorités. « Étant donné qu’aucune décision administrative n’a remis en cause la légitimité de Tradex sur l’espace destiné à accueillir la station, le domaine étant encadré par une décision du ministère de l’Urbanisme et des autorités locales, le directeur général de Tradex RDC a reçu de l’État le mot d’ordre de reprendre les travaux. Tout est désormais OK. Nous la remettrons en état et la mettrons en exploitation avant la fin de l’année ou au début de 2027 », indique cette source.
La station avait pourtant été démolie par des hommes cagoulés munis d’une autorisation de démolition signée par le ministère de l’Urbanisme. Tradex n’a, à ce stade, pas rendu public l’inventaire des dégâts causés par les violences du 28 août, ni leur coût. Le groupe a simplement indiqué avoir déjà mobilisé plus de 2 millions de dollars sur ce site. Les travaux devraient concerner en priorité la tour, partiellement détruite, la remise en service des pompes, ainsi que la réfection du garage et de la boutique, endommagés, selon une vidéo amateur relayée sur les réseaux sociaux lors de la démolition.
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Sur l’indemnisation, Tradex se tourne vers l’État. Un responsable qualifie l’acte de fait personnel imputable à un individu agissant pour son propre compte, et estime qu’il incombe à l’État de protéger les investisseurs étrangers sur son territoire. « Pour le reste, les pourparlers avec l’État se poursuivent », indique-t-il.
Une expansion sous tension
Cette remise en état intervient alors que le distributeur camerounais a inauguré, le 22 octobre dernier, sa première station dans le pays. Fruit d’un investissement de 2,1 millions de dollars, soit environ 1,2 milliard de FCFA, la station Tradex Kingabwa est située dans la commune de Limete, à Kinshasa. Construite sur 1 800 m², elle dispose d’une capacité de stockage de 130 000 litres de carburant, dont 75 000 litres de supercarburant et 55 000 litres de gasoil, selon un communiqué. Fondée en 2024 et dotée d’un capital social déclaré de 11,67 milliards de francs congolais, Tradex RDC prévoit de lancer, dans les prochains jours, deux appels d’offres pour la construction de deux autres stations.
Présent dans quatre des six pays de la CEMAC, à l’exception du Gabon et du Congo, Tradex rencontre aussi des difficultés en Guinée équatoriale. Il y a récemment été sanctionné d’une amende de 500 millions de FCFA pour des retards d’approvisionnement en produits pétroliers, et il est menacé de perdre les capacités de stockage qu’il loue auprès de Gepetrol, la société pétrolière nationale équato-guinéenne.
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