Le Cameroun a mis de côté plus d'une tonne d'or pour constituer ses réserves monétaires. Selon le Bulletin du Trésor public de septembre 2026, 838 lingots d'une masse de 1 036,142 kg, d'un carat moyen de 21,96, ont été transférés à la Caisse des dépôts et consignations (CDEC) les 16 et 18 septembre 2024. Les données antérieures du Trésor faisaient état de 500 lingots (500,86 kg) en 2023. Le stock a donc doublé, sans que le Trésor en explique l’origine. La circulaire d'exécution du budget 2026 confie à la CDEC la conservation du « stock d'or souverain du Cameroun ». La Sonamines collecte l'or revenant à l'État, notamment au titre de la fiscalité minière.
L’accumulation se poursuit également à travers le Projet GOLD, piloté par le Trésor en collaboration avec le ministère des Mines et la Sonamines. Entre août 2024 et avril 2025, ce programme a permis la collecte et la fusion de 59,021 kilogrammes d’or, auxquels s’ajoutent d’autres métaux, notamment de l’argent et du cuivre, portant la masse totale des matières obtenues à 106,922 kilogrammes. Le Trésor précise que ce nouveau stock « vient ainsi s’ajouter » aux 838 lingots transférés à la CDEC.
Des dizaines de tonnes hors circuit
La constitution de ce patrimoine intervient dans un contexte de profondes difficultés de contrôle de la production aurifère. En juillet, le gouvernement a estimé que 44,322 tonnes d'or avaient échappé aux circuits officiels entre 2021 et 2025. Les pays importateurs ont enregistré 46,219 tonnes venues du Cameroun, contre 1,897 tonne dans les déclarations de l'administration et de la Sonamines. Le gouvernement chiffre cet or à 1 941,19 milliards de FCFA, pour un manque à gagner fiscal de 577,51 milliards. Les deux données ne sont toutefois pas comparables : l'une est un stock, l'autre des flux cumulés sur cinq ans.
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Le ministre des Mines par intérim, Fuh Calistus Gentry, a reconnu en juillet que 80 à 90 % de l'or produit échappait à la collecte officielle. Une task force réunissant la Sonamines, les impôts et les douanes contrôle désormais les sites miniers. Le gouvernement vise 95 milliards de FCFA de redressements sur la production 2025 et environ 300 milliards de recettes en 2026. Faute de grande mine industrielle en production, l'activité reste dominée par l'exploitation artisanale et semi-mécanisée.
La BEAC prépare son programme d'achat d'or
Cette politique nationale trouve un prolongement possible dans les réflexions engagées à l’échelle de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Réuni le 5 octobre 2026 à N’Djamena, le Conseil d’administration de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a approuvé sa stratégie 2027-2030, ainsi que les directives de son Programme d’achat d’or domestique (PAOD). L’initiative s’inscrit dans la volonté de la Banque centrale de diversifier les sources d’accumulation de ses réserves de change.
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Le communiqué évoque notamment « l’opérationnalisation de la monétisation de l’or », sans détailler les mécanismes qui seront retenus. Les documents disponibles ne permettent donc pas d’établir que les lingots conservés à la CDEC seront transférés à la BEAC ou intégrés à ses réserves officielles. Le Projet GOLD camerounais et le programme régional d’achat d’or poursuivent des objectifs qui peuvent se rejoindre, mais leurs modalités d’articulation restent à préciser.









