Le Fonds Monétaire International (FMI), dans son récent rapport sur le Cameroun publié en juin 2025, exhorte le gouvernement à moderniser son groupe multipartite de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Ce groupe, pierre angulaire de l'ITIE, est une plateforme de collaboration unique en son genre, rassemblant des représentants du gouvernement, des entreprises extractives et de la société civile, avec pour principal rôle de superviser la mise en œuvre local de la norme ITIE, en assurant la collecte, la réconciliation et la publication des données sur les revenus du secteur extractif. Cette recommandation vise à permettre au pays de lever la suspension de son statut au sein de l'organisation au cours des prochaines assises prévues dans moins de deux ans, soit en 2027. L'institution de Bretton Woods souligne que « le groupe multipartite reste à moderniser afin d'assurer la participation de la société civile grâce à une procédure publique ouverte et transparente de sélection et de nomination de nouveaux membres de la société civile. »
Lire aussi : Pétrole / Guinée Équatoriale : Meren Energy cherche des partenaires, mais perd un actionnaire clé
Cette suggestion du FMI, qui intervient dans le cadre des septièmes revues de l'Accord Élargi au Titre du Mécanisme Élargi de Crédit (MEDC) et de la Facilité Élargie de Crédit (FEC), met en lumière les efforts continus mais insuffisants du Cameroun pour se conformer aux exigences de l'ITIE. Le rapport du FMI, basé sur des entretiens achevés en octobre 2024, salue la finalisation de la nomination des membres du comité ITIE incluant la société civile, la publication des textes d'application du nouveau code minier et la mise en place d'un registre des bénéficiaires effectifs. Cependant, il insiste sur la nécessité d'une refonte du processus de sélection des membres de la société civile au sein du groupe multipartite pour garantir une véritable transparence et participation.
La non-conformité aux standards de l'ITIE pourrait avoir des conséquences significatives pour le Cameroun, notamment en termes d'attractivité des investissements internationaux et de relations avec les institutions financières comme la Banque Mondiale et le FMI. Dans le détail, une suspension prolongée priverait le pays d'un label crucial de bonne gouvernance dans le secteur extractif. Le FMI insiste sur une « accélération décisive des réformes en matière de gouvernance, de lutte contre la corruption et d'intégrité financière » et rappelle que les efforts pour lever la suspension de l'ITIE lors du prochain cycle d'évaluation restent cruciaux.
Lire aussi : Guinée Équatoriale : ConocoPhillips exporte sa première cargaison de GNL
Ces déclarations du FMI font écho aux défis persistants du Cameroun face à l'ITIE. Le 11 mars 2025, le ministre des Mines Fuh Calistus Gentry a finalement présenté le rapport ITIE 2022, après de multiples retards et un sursis exceptionnel de dix semaines accordées par l'ITIE. Ce rapport, bien que publié, a été critiqué par des experts camerounais pour des lacunes majeures, notamment l'absence de données sur les transferts de titres miniers, des délais de traitement prolongés, et un manque de transparence sur les bénéficiaires effectifs. Le Cameroun est également en attente de la publication de ses rapports ITIE pour les années 2023 et 2024, ce qui maintient sa position au sein de l'Initiative dans une zone de fragilité.

