Pour son premier séjour au Cameroun en tant que vice-président régional de la SFI pour l’Afrique, Ethiopis Tafara n’a pas ménagé ses mots. « Nous convenons tous de l’importance capitale du secteur privé. Il agit non seulement comme principal moteur de la croissance économique, mais joue également un rôle déterminant dans la réalisation des objectifs de développement durable, la création d’emplois et, avant tout, l’innovation », a-t-il affirmé d’entrée, lors d’un déjeuner ce matin avec le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Paul Tasong, et la communauté des affaires.
Selon le dirigeant de l’institution du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, l’Afrique ne pourra relever ses défis économiques et sociaux sans des entreprises fortes, capables d’investir, d’innover et de créer massivement des emplois. « Le secteur privé africain demeure le moteur essentiel d’une croissance inclusive et de la création d’emplois », a-t-il insisté, tout en soulignant le rôle structurant des capitaines d’industrie aux côtés des PME, largement majoritaires.
Au Cameroun, a relevé Ethiopis Tafara, cette dynamique repose avant tout sur des entrepreneurs locaux. « Le secteur privé est majoritairement composé d’entrepreneurs dont l’ingéniosité, le dynamisme et la résilience soutiennent l’activité économique du pays », a-t-il salué, rappelant que ces acteurs constituent « un levier déterminant de la transformation et de la diversification de l’économie ». Il a par ailleurs mis en lumière la dualité du tissu entrepreneurial camerounais, marqué par la coexistence d’un secteur formel structuré et d’un vaste secteur informel. Loin d’y voir une faiblesse, le vice-président régional de la SFI estime que ces deux composantes « forment un écosystème entrepreneurial complémentaire » qui soutient la résilience économique et sociale du pays.
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Pour accompagner cette dynamique, la SFI déploie une approche intégrée reposant sur trois piliers clés : « l’amélioration du climat des affaires, le développement des capacités des PME et l’accès au financement, ainsi que le renforcement des chaînes de valeur et des écosystèmes industriels compétitifs intégrant les PME ». Cette stratégie se décline à travers plusieurs initiatives structurantes. Dans le secteur de l’énergie, le Compact Énergie du Cameroun, inscrit dans la Mission 300, vise à améliorer la compétitivité économique grâce à un accès « plus fiable et abordable à l’électricité », tout en favorisant un mix énergétique propice à l’investissement privé.
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Autre annonce majeure, c’est le lancement prochain au Cameroun de AgriConnect, une initiative phare du Groupe de la Banque mondiale. Ce programme ambitionne de moderniser les chaînes de valeur agricoles en connectant agriculteurs, agro-industries, institutions financières et marchés. Objectif : « renforcer la sécurité alimentaire, augmenter les revenus ruraux et mieux intégrer les PME et les petits producteurs dans les circuits commerciaux », dans un pays où l’agriculture demeure un pilier de l’emploi et des échanges régionaux. La SFI entend également renforcer son programme PME, axé sur la formalisation, le financement et la montée en compétences des petites et moyennes entreprises, y compris celles dirigées par des femmes. À travers l’Initiative des champions locaux, l’institution accompagnera des entreprises camerounaises à fort potentiel pour améliorer leur gouvernance, soutenir leur croissance et créer des emplois de qualité.
Environnement des affaires
Le point d’orgue de ce plaidoyer, c’est l’annonce de la mise en place, dans les prochaines semaines, d’un Conseil consultatif du secteur privé du Cameroun. Cette plateforme aura pour mission de « recueillir des informations concrètes sur les réformes essentielles et les mesures favorisant une croissance économique tirée par le secteur privé », afin de nourrir les politiques publiques et d’améliorer l’environnement des affaires. « Notre rencontre aujourd’hui marque le premier pas du lancement de ce conseil », a conclu Ethiopis Tafara, appelant les acteurs économiques à un partenariat renforcé pour « identifier des solutions innovantes » capables d’accélérer la création d’emplois et la croissance inclusive, au Cameroun comme dans la sous-région.
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