Les agences internationales de notation financière Standard & Poor’s et Fitch Ratings a confirmé, le 8 octobre, la note souveraine du Tchad à « B- », assortie d’une perspective stable. Autrement dit, le Tchad est capable d’honorer ses engagements pour le moment, mais reste très vulnérable à un choc économique ou financier. Dans un communiqué publié le 12 octobre, le ministère des Finances, du Budget, de l’Économie s’en est félicité, estimant que « ces décisions reflètent la confiance des agences dans les perspectives économiques du pays, la poursuite des réformes structurelles engagées par les autorités ainsi que le maintien d’un profil d’endettement favorable, malgré un environnement régional et international marqué par de nombreuses incertitudes ».
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Fitch fonde notamment sa notation sur des indicateurs tels que le niveau d’endettement. L’agence anticipe une dette globalement stable à 26 % du PIB entre 2026 et 2028, reflétant des comptes primaires à peu près équilibrés. Ce niveau se situe bien en deçà des prévisions de la Banque mondiale, qui table sur une moyenne de 32 % du PIB sur la même période. Pour N’Djamena, cette embellie serait soutenue par une gestion prudente des finances publiques et par une structure de dette favorable, caractérisée par une forte proportion de financements concessionnels.
Dans le même ordre d’idées, le profil du service de la dette s’annonce gérable. Fitch prévoit en effet que l’amortissement de la dette publique restera modéré, à 3,9 % du PIB en 2026, avant de reculer à une moyenne de 2,7 % en 2027-2028, bien en deçà de la médiane de 7,0 % projetée pour les pays notés « B ». Vu les conditions de liquidité régionales tendues, les besoins de financement nets seraient couverts principalement par des financements extérieurs concessionnels, plutôt que par de nouveaux emprunts intérieurs nets.
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Fitch juge que les déficits budgétaires du Tchad resteront maîtrisés en anticipant un budget globalement équilibré en 2026, puis un léger creusement du déficit, à 0,7 % du PIB en moyenne sur 2027-2028. Le début d’année est pourtant difficile : le pays a enregistré un déficit de 33,3 milliards de FCFA au premier trimestre, contre un excédent de 11 milliards un an plus tôt. Selon l’agence, une forte mobilisation des recettes non pétrolières et des dons importants devrait compenser en grande partie le recul des recettes pétrolières. Hors dons, ces recettes devraient progresser graduellement, grâce à la facturation et aux paiements électroniques, à un meilleur respect des obligations fiscales et à la numérisation des douanes.
Par ailleurs, les revenus pétroliers, qui ont bondi de 26,4 milliards FCFA (+28,7 %) pour atteindre 118,4 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, devraient continuer à progresser. L’agence table également sur une croissance du PIB réel de 4,1 % en moyenne entre 2026 et 2028, tirée principalement par les activités hors pétrole. Le gouvernement, lui, anticipe une progression moyenne de près de 5,2 % par an sur la période 2026-2030, soutenue par la poursuite des investissements dans les infrastructures et par la mise en œuvre du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».
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Malgré ces perspectives encourageantes, Fitch met en garde contre une « gouvernance fragile, un secteur informel important et une forte dépendance au pétrole ». Ces faiblesses sont toutefois contrebalancées par un faible ratio dette publique/PIB, des conditions favorables de la dette extérieure et un soutien important des bailleurs de fonds.











