Le Tchad s’apprête à rejoindre le cercle des pays de la CEMAC dotés d’une Caisse des dépôts et consignations (CDEC). Dans une lettre circulaire signée le 7 juillet 2025 et relative à la préparation du budget de l’État pour 2026, le président Mahamat Idriss Déby Itno a inscrit la création de cette structure parmi les priorités gouvernementales. Si le projet aboutit, le Tchad deviendra le quatrième État de la sous-région à disposer d’une CDEC, après le Cameroun (créée en 2008, opérationnelle depuis 2023), le Gabon (2010) et le Congo (2014). C’est dire que le Tchad fait face à un double défi : celui de mettre sur pied la Caisse des dépôts et consignations, mais aussi d’œuvrer pour son opérationnalisation à brève échéance. Le projet de loi de finances 2026 précisera les modalités juridiques, la gouvernance et les sources d’alimentation de la future caisse.
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La tendance vers la création d’une Caisse des dépôts et consignations par les pays de la CEMAC n’est donc pas fortuite. Pour le cas spécifique du Tchad, cet établissement public centralisant les dépôts et finançant divers projets d’intérêt public, pourrait contribuer à renforcer le développement économique et à améliorer la gestion de ses ressources publiques du Tchad. C’est davantage une aubaine dans un contexte où le pays de Mahamat Idriss Deby Itno a lancé le 4 juin 2025 son Programme national de développement (PND), baptisé « Tchad Connexion 2030 », dont le besoin financier pour la mise en œuvre est estimé à 18 000 milliards de FCFA(soit 30 milliards de dollars). Il permettrait donc au pays de Toumaï de réduire son recours aux potentiels bailleurs de fonds grâce à l’utilisation des fonds en déshérence dans les banques pour financer plusieurs projets infrastructurels. Vu sous cet angle, la caisse de dépôts et consignations pourrait par exemple se révéler un excellent outil pour financer la construction des logements sociaux au Tchad, où la Banque mondiale estimait en 2018 un déficit important d’environ 700 000 unités avec un besoin annuel de 20 000 unités.
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Une CDEC tchadienne présenterait plusieurs atouts. D’abord la mobilisation de l’épargne nationale, canalisée vers des investissements productifs et de long terme (infrastructures, énergie, logement). Elle agirait aussi comme stabilisateur financier, capable de fournir des liquidités en période de tension et de soutenir des entreprises stratégiques. Enfin, la centralisation des dépôts d’agents publics améliorerait la gestion de trésorerie de l’État.
La réglementation sujette à débat
Cette dynamique régionale se heurte toutefois à des questions de gouvernance. En 2023, le FMI a averti que le transfert d’avoirs dormants des banques vers une CDEC pouvait fragiliser certaines institutions. En 2024, la COBAC a demandé aux banques de suspendre ces transferts au Cameroun, en attendant une clarification du cadre de conservation et de restitution. Malgré une médiation de la BEAC en février 2025, Caisses des dépôts et superviseur bancaire n’ont toujours pas trouvé de compromis. Le Tchad devra donc définir un dispositif conforme à la réglementation communautaire tout en garantissant la sécurité des dépôts.
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