Selon le calendrier prévisionnel publié le 7 janvier dernier par le Directeur général du Trésor, Albert Ngongo, la République du Congo ambitionne de mobiliser une enveloppe globale de 690 milliards FCFA sur le marché des titres publics de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) au cours de l'exercice 2026. Avec ce montant, Brazzaville se positionne comme le troisième plus grand émetteur de la zone, derrière le Cameroun (1 165 milliards FCFA) et le Gabon (1 046milliards FCFA). Cette sollicitation représente environ 17,7 % des intentions globales d'emprunt des six économies de la CEMAC, évaluées à un total de 3906,5 milliards FCFA (soit près de 7 milliards de dollars). Cette stratégie de financement souligne la volonté du Congo de dynamiser son économie en s'appuyant sur l'épargne régionale, tout en s'alignant sur la tendance de croissance du marché monétaire sous-régional.
Pour l'ensemble de l'année, le Trésor public congolais projette de mobiliser 405 milliards FCFA via les Obligations du Trésor Assimilables (OTA), contre 285 milliards FCFA attendus sur le segment des Bons du Trésor Assimilables (BTA). En privilégiant les OTA, le Congo cherche à lisser le profil de remboursement de sa dette et à sécuriser des ressources stables pour ses grands projets d'infrastructure.
Cette stratégie est particulièrement manifeste dès l'entame de l'année. Au cours du premier trimestre 2026, le Congo ambitionne de lever 195 milliards FCFA sur le marché sous-régional, ce qui représente déjà 28,3 % de son objectif annuel global. Loin d'utiliser ce premier trimestre uniquement pour régler des urgences de trésorerie, l'exécutif mise sur la solidité : l'essentiel de cette cible trimestrielle sera dominé par les OTA, qui absorberont 125 milliards FCFA, laissant le reliquat de 70 milliards FCFA aux titres de court terme (BTA).
La domination des OTA dès le début d'année pourrait répondre à trois enjeux majeurs. Premièrement, éviter l'accumulation d'échéances trop rapprochées qui pèsent sur la liquidité immédiate de l'État. En outre, suite aux récentes opérations de rééchelonnement, le Congo souhaite démontrer sa capacité à attirer des investisseurs sur des maturités plus longues (2 à 10 ans) et soutenir le Plan national de Développement par des ressources dont la durée correspond à la durée de réalisation des chantiers (routes, énergie, infrastructures sociales).
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Pour rappel, en novembre 2025, le Trésor public congolais a discrètement rééchelonné 304,87milliards FCFA de dettes arrivées à échéance en octobre. Sous l'égide des intermédiaires financiers L’Archer et LCB Capital, ces obligations ont été converties vers de nouvelles maturités, certaines étant allongées de trois ans. Cette opération a permis d'offrir une flexibilité à la trésorerie de l'État, évitant ainsi des tensions de liquidité immédiates avant l'entame de l'exercice2026.

