Au Tchad, Fatima Goukouni Weddeye, la ministre tchadienne des Transports, de l'Aviation Civile et de la Météorologie a rencontré son homologue turc, M Abdulkadir Uraloglu pour parler affaires. C’était le 24 janvier à N’Djamena. Selon des sources locales, l’échange entre les deux autorités avait un objectif clair : réaffirmer l’engagement du pays de Toumaï à miser sur l’expertise turque pour redynamiser le secteur des transports du pays en difficulté, afin de stimuler l’économie nationale. Le membre du gouvernement tchadien a saisi l’occasion pour dérouler une palette des doléances solides, notamment dans le secteur aérien, le transport terrestre et ferroviaire, ainsi que l’intensification des investissements turcs au Tchad.
Dans le détail, la rencontre a permis de faire un tour d’horizon des relations de coopération existantes et d’explorer d’autres pistes de partenariat dans le secteur de l’aviation civile. D’après des sources médiatiques, « il s’agit notamment de l’accord en matière des transports aériens avec la compagnie Turkish Airlines (question de la double taxation, difficultés avec THS pour l’assistance en escale, transport des bagages des passagers tchadiens) ». De manière concrète, la ministre tchadienne souhaite que la compagnie nationale turque renforce ses activités dans le pays, tout en améliorant davantage ses services, dans contexte marqué par le repli d’Air France, l’un des principaux opérateurs, en mutation sur le marché depuis la rupture des accords de coopération militaire entre Paris et N’Djamena.
A date, le transporteur turc opère 6 vols hebdomadaires vers le pays de Toumaï, soit 3 vols directs pour N'Djamena et 3 avec escale à Niamey au Niger, tandis que le transporteur français privilégie des vols avec escales à Douala ou Malabo vers cette destination.
Des projets pour attirer les investissements
En plus du trafic des personnes et du fret, Mme Goukouni Weddeye a également requis l’expertise turque dans la modernisation des infrastructures aéroportuaires du pays. Elle a notamment soumis à son hôte, la proposition de la construction d’une plateforme de classe mondiale (dont le site n’a pas été déterminé) par la société turque SUMA. Dans ce secteur, cette dernière pourrait ainsi s’adjuger un juteux marché de plusieurs milliards de Fcfa comme Razel. L’entreprise française a récemment été engagée pour la réhabilitation de l'aéroport international Hassan Djamous de N'Djamena, pour une enveloppe de 32,5 millions d'euros (environ 21 milliards de Fcfa), financer majoritairement par la France. Le ministre turc des Transports, tout en saluant l’avancée réalisée dans le secteur aérien, a souhaité de la partie tchadienne une certaine amélioration pouvant aider la compagnie Turkish à mieux desservir le pays.
Pour rappel, les 22 et 23 janvier 2025, N’Djamena a accueilli la deuxième session de la Commission mixte de coopération commerciale, économique, scientifique et technique entre le Tchad et la Türkiye. Cet événement, qui s’inscrit dans le cadre de l’Accord de coopération signé en 1999, a permis d’approfondir les partenariats dans des secteurs clés tels que les transports, les infrastructures, l’énergie, les mines, la santé, l’éducation et les technologies. Cette coopération est essentielle pour renforcer les liens économiques et promouvoir le développement durable dans les deux pays.

