Au Tchad, bien que les relations diplomatiques avec la France soient tendues ces derniers temps suite à la rupture des accords de coopération militaire de novembre dernier, les liens économiques entre les deux pays perdurent. En témoigne l'attribution à l'entreprise française Razel, pour un montant de 32,5 millions d'euros (environ 21 milliards de Fcfa), du marché de réhabilitation de la piste de l'aéroport international Hassan Djamous de N'Djamena. Le 15 janvier dernier, le Premier ministre tchadien a officiellement lancé les travaux, d'une durée de 13 mois, en présence de représentants de l'entreprise et plusieurs autorités. Selon Stéphane Coppin, Directeur général de Razel, cette modernisation, portant sur 2 800 mètres linéaires de piste et 60 mètres de large, permettra d'augmenter la capacité de l'aéroport à 800 000 passagers et 20 000 tonnes de fret par an, le mettant ainsi aux normes internationales.
Pour les autorités tchadiennes, la piste de l’aéroport de N’Djamena, après plus de 40 ans de services et réhabilitée pour la dernière fois au début des années 2000, nécessitait des travaux de grande envergure. Les travaux, détaille le DG de Razel, consisteront à renforcer la structure existante, appliquer des revêtements modernes pour améliorer la durabilité et intégrer des systèmes conformes aux recommandations de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI). Pour minimiser l’impact sur les activités de l’aéroport, ce dernier précise que les interventions se dérouleront principalement de nuit afin de rendre la piste disponible chaque matin. Les nouvelles installations pourront ainsi permettre d’accueillir des avions de plus grande capacité, de réduire les coûts d’exploitation et d’améliorer la sécurité des vols.
Les enjeux de cette réhabilitation
Ce projet, issu d'un partenariat bilatéral entre le Tchad et la France, est principalement financé par un prêt français de plus de 30 millions d'euros, complété par la participation de l’Etat. Il s'inscrit dans le cadre des engagements pris lors du récent sommet France-Afrique, témoignant ainsi de la volonté de renforcer la coopération entre les deux pays.
Au-delà de la modernisation des infrastructures aéroportuaires, cette initiative revêt une importance stratégique pour le Tchad, en contribuant à diversifier ses partenariats et à renforcer son attractivité. En facilitant les échanges commerciaux, en attirant les investissements étrangers et en améliorant la connectivité aérienne régionale, ce projet devrait stimuler la croissance économique et générer de nombreux emplois directs et indirects. Par ailleurs, en facilitant l'accès à de nouvelles destinations, il devrait contribuer à développer le tourisme et à atteindre plusieurs des Objectifs de développement durable, notamment en matière de croissance économique inclusive et durable, d'infrastructure et d'innovation.
Un marché africain en pleine expansion
Ce nouveau contrat vient ainsi renforcer la position de Razel, déjà solidement établie sur le marché africain des infrastructures de transport, de plus en plus concurrentiel face aux entreprises chinoises et à l'émergence d'acteurs locaux. Fort de plus de 20 ans d'expérience en Afrique centrale, le groupe français a démontré son expertise à travers de nombreux projets d'envergure au Tchad, Cameroun, Congo, Gabon et en Centrafrique. Spécialisé dans les travaux routiers, ferroviaires et portuaires, Razel s'est imposé comme un acteur majeur du développement des infrastructures dans la région, en alliant expertise technique et engagement en faveur du développement durable.



