Union Bank of Cameroon (UBC) a terminé l’année 2023 avec des indicateurs de performance plutôt encourageants. Malgré un repli de son bénéfice net à 3,01 milliards de FCFA (-14%), son total bilan a franchi pour la première fois la barre des 200 milliards FCFA (204,74 milliards exactement) tirés principalement par une augmentation de sa capacité de collecte. Son encours de ressources est ainsi ressorti à 116,2 milliards de FCFA soit 14 milliards de plus qu’à la même période l’année d’avant. Classé 14e établissement sur 18 sur cet indicateur, UBC est particulièrement offensif auprès des particuliers et des organismes publics, mais pas assez auprès des entreprises (publiques et privées). Une clientèle vers laquelle il faut tendre si l’établissement, en restructuration, envisage de glaner un peu plus de place sur le marché.
Par contre, malgré une capacité de collecte appréciable, l’allocation des ressources ne suit pas le rythme, puisque l’encours des crédits atteint à peine 22 milliards FCFA ce qui constitue un faible ratio de transformation. Cet encours représente également une très faible part de marché de 0,40%. Un oeil sur les créances en souffrance de l’établissement, et on note que cette case est vide, car ayant été entièrement reprise par l’État dans le cadre du plan de restructuration qui est donc en cours.
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Dans notre classement général, UBC est logé au 14ème rang avec un score de 11,06. Mais ne mettons pas sur le même piédestal un véhicule qui est en cours de rénovation au garage, avec d’autres qui sont déjà sur la piste. Désormais engagée dans une restructuration qui devrait permettre à l’État de la céder à un partenaire stratégique au bout de cinq ans, UBC a reçu le quitus de la Commission bancaire de l’Afrique centrale pour son redressement. Nouvel actionnaire de référence, l’Etat et les actionnaires historiques ont déboursé plus de 3,5 milliards de FCFA pour la recapitaliser. Les créances douteuses ont été cédées à la Société de recouvrement des créances (SRC), tandis que Charlotte Kouegeu Chekep et ses équipes s’attellent à optimiser les coûts tout en maîtrisant les risques.
De quoi être serein pour évacuer la mauvaise passe ayant conduit l’État à sauver l’établissement, en même temps que son confère NFC, en décidant d’injecter 17,8 milliards de FCFA pour en prendre le contrôle. Ce qui a eu pour effet de faciliter la sortie d’Ecobank qui détenait 54% du capital, fruit de l’absorption en 2012 du nigérian Oceanic Bank. Ne voulant aucunement recapitaliser ce trophée conquis bien malgré lui, le groupe bancaire panafricain souhaitait s’en débarrasser depuis une décennie sans vouloir s’acquitter d’un ticket de sortie. Il finira par s’y résoudre, moyennant 5 milliards de FCFA.
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La survenance de la crise anglophone, en 2016, a ajouté son grain de sel dans les difficultés de la banque. Ce d’autant que l’établissement était dépendant de la Cameroon Cooperative Credit Union League (CamCCUL), son actionnaire historique et détenteur de 37% des parts. Fortement implanté dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest, le premier réseau des établissements de microfinance lui garantissait les trois quarts de ses dépôts. Il s’ensuit que la conjoncture défavorable ayant atteint CamCCUL allait automatiquement déteindre sur UBC.
Ainsi, sous l’impulsion d’un management new-look, chapeauté depuis plus de 2 ans et demi par Charlotte Kouecheu Chekep et Clément Yuyun Banboye, de nouvelles agences ont ouvert leurs portes dans le pays, portant le réseau à 12. En outre, un nouveau logiciel (Amplitude version 11.6) a été déployé pour densifier la palette des produits et services. L’activité s’est également traduite par la structuration de prêts syndiqués au profit de l’énergéticien Eneo, la Société immobilière du Cameroun (SIC) et le spécialiste des services de communication électronique Avilyos.
Un effort qui devrait se poursuivre avec l’impor tant chantier de la digitalisation qui devrait permettre l’éclosion de nouveaux services et produits à valeur ajoutée. Sans oublier un engagement de plus en plus marqué en faveur du financement du développement. Les participations aux adjudications sur le marché des titres publics en témoignent déjà.
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