Les prévisions de la Banque mondiale, publiées le 7 octobre 2025, font état d’une croissance économique de 3,8 % en Afrique subsaharienne pour 2025. Initialement fixée à 3,5 % en avril, cette révision à la hausse repose sur l’atténuation des pressions inflationnistes et une reprise modeste des investissements. Vingt-trois pays affichaient encore une inflation à deux chiffres en octobre 2022, contre dix en juillet 2025, signe d’un « processus de stabilisation des prix », souligne l’institution. La Banque note également un redressement des investissements (+0,9 %), soutenu par le maintien de conditions financières accommodantes à l’échelle mondiale et nationale.
S’agissant de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, le rapport Africa’s Pulse prévoit une accélération de la croissance, de 4,4 % en 2024 à 4,7 % en moyenne sur la période 2026-2027. La sous-région a déjà enregistré une expansion de 5,2 % en 2024 et devrait poursuivre sur cette lancée. Dans l’UEMOA, la croissance resterait stable à 6,1 % en 2025, avant de ralentir légèrement à 5,9 % sur 2026-2027, tirée par la forte activité au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Niger.
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La Banque mondiale avertit cependant que ces perspectives demeurent exposées à d’importants risques de dégradation: incertitudes liées aux politiques commerciales mondiales, baisse de l’appétit des investisseurs et resserrement de l’offre de financements extérieurs, accentué par le recul de l’aide publique au développement. Le service de la dette extérieure, précise-t-elle, a plus que doublé au cours de la dernière décennie pour atteindre 2 % du PIB régional en 2024. Le nombre de pays déjà surendettés ou à haut risque est passé de 8 en 2014 à 23 en 2025, soit près de la moitié des États d’Afrique subsaharienne.
Selon l’institution, le rythme de croissance demeure trop faible pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté et créer suffisamment d’emplois pour une population en forte expansion. Pour accélérer la transformation structurelle, la Banque mondiale recommande de réduire le coût de l’activité économique, d’améliorer les infrastructures de base(énergie, numérique, transport) et de renforcer le capital humain. Elle préconise enfin un meilleur climat de gouvernance et d’investissement privé, notamment dans les secteurs de l’agro-industrie, de la construction, de la santé, du tourisme et des industries extractives.
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Par Danielle Noah



