Deux annonces légales publiées ce 26 octobre concernent la Compagnie des mines d’uranium de Franceville (Comuf), ancienne exploitante d’uranium au Gabon. La première convoque un conseil d’administration le 10 novembre 2026 à 13 heures, au siège d’Orano Mining et en visioconférence. À l’ordre du jour figurent la démission et la cooptation d’un administrateur, puis la démission et la nomination du président du conseil d’administration. La seconde porte sur un changement de siège social, qui quitterait l’immeuble des Frangipaniers, à Libreville.
La Comuf est contrôlée par Orano. Selon les comptes consolidés 2025 du groupe, elle est selon le site d’informations légales Pappers, le dernier président connu de la Comuf serait Jacques Giscard d’Estaing, « jusqu’en 2024 ». Or celui-ci présidait la société avant 1999, année où Michel Lunven lui a succédé, d’après un historique d’entreprises coloniales. Son nom serait resté dans les bases de données françaises faute de mise à jour au greffe de Nanterre. Depuis, seule la mention d’un directeur général, Michel Capobianco, apparaîtrait dans les registres publics, selon Pappers.
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Créée en 1958, la Comuf a exploité l’uranium de la province de Franceville jusqu’en 1999, à Mounana (ville minière du Haut-Ogooué), puis à Oklo, Boyindzi et Mikouloungou. Elle a produit près de 28 000 tonnes d’uranium entre 1961 et 1999 selon WISE Uranium, contre 26 000 tonnes selon Orano. Ce minerai a alimenté le programme nucléaire français.
L’exploitation laisse un héritage sanitaire contesté. D’après l’AFP (novembre 2017), un collectif regroupe 1 618 anciens employés, dont 367 sont morts de maladies respiratoires fin 2016, que le collectif relie au travail à la mine. Areva, devenu Orano, avait créé en 2010 l’Observatoire de la santé de Mounana avec Sherpa et Médecins du Monde. Fin 2012, 650 anciens travailleurs y avaient été examinés. Sherpa s’est retirée le 18 décembre 2012, dénonçant une opération de communication, sinon d’affichage.
Le groupe affirmait alors qu’aucune maladie professionnelle liée aux rayonnements ionisants n’avait été détectée, alors qu’une note interne de 2015, citée par l’AFP, reconnaissait que « de nombreuses maladies graves ont été détectées » chez d’anciens employés. En novembre 2017, aucun ancien employé n’avait été indemnisé dans le cadre de l’observatoire.
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