Le 17 juin, la République centrafricaine (RCA) a signé un protocole d’accord stratégique avec la société canadienne CVMR Corp., spécialisée dans le raffinage des métaux et la fabrication de poudres métalliques. Ce protocole, qui ouvre la voie à un partenariat public-privé à court terme, confère à CVMR les droits exclusifs d’exploration et d’exploitation de plusieurs ressources minières, dont l’uranium, le coltan, le cuivre, l’or et le nickel, sur l’ensemble du territoire national.
Révélé par Africa Intelligence, cet accord a été conclu en toute discrétion. Il marque l’entrée de CVMR dans la zone CEMAC, à travers un pays dont le potentiel minier reste largement sous-exploité. « En toute discrétion, un protocole d'accord augurant la signature d'un partenariat public-privé vient d'être signé par l'État avec une entreprise minière canadienne. Celle-ci obtient les droits exclusifs d'exploration et d'exploitation des futures découvertes d'uranium, de coltan, de cuivre, d'or et de nickel », rapporte le média.
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Bien que les contours exacts du deal avec CVMR demeurent discrets, cette attribution de droits exclusifs intervient un an après l'adoption d'un nouveau code minier censé instaurer la transparence et attirer les investissements. Pourtant, les institutions internationales, dont le Fonds monétaire international (FMI), ne cessent d'alerter sur la fragilité de la transparence dans ce secteur clé.
En effet, cette adjudication met en lumière les défis persistants de gouvernance et de transparence. Le FMI, dans son communiqué du 6 juin dernier, a spécifiquement insisté sur l'urgence de la mise en œuvre effective du nouveau code minier, adopté en mai 2024, comme « essentielle pour libérer le potentiel de croissance ». Cependant, la réalité sur le terrain est tout autre : en 12 mois, aucune avancée significative n'a été constatée. Un rapport de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) de février dernier a révélé que seulement 3 des 19 sociétés minières retenues dans le périmètre de conciliation ont soumis leur formulaire de déclaration. Le rapport pointe du doigt les sociétés russes sous le contrôle de l'Africa Corps (ancien Wagner), qui exploitent les mines d’uranium de Bakouma et d’or de Ndassima depuis 2019, pour leur refus de se soumettre à la réglementation du nouveau code minier qui exige la publication des contrats et l'identification des propriétaires réels.
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Ce nouvel accord place la RCA, un pays de 623 000 km² au cœur de l'Afrique au centre des opérations d'un acteur minier international majeur. CVMR, fondée en 1986 et dont le siège social ainsi que le centre de R&D sont basés à Toronto, au Canada, est un fournisseur privé de technologies de raffinage des métaux. L'entreprise est également engagée dans l'exploitation minière et le raffinage de ses propres ressources minérales, avec une présence dans 20 pays à travers le monde.













