Au Cameroun, l’Association Camerounaise du Gaz (ACG), présidée par la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), a tenu le 31 octobre 2025 à Yaoundé son deuxième conseil après celui de septembre dernier, marquant une étape décisive dans sa relance après plus de quinze ans d’inactivité. « Il est impératif de rassembler les énergies et d’adopter des stratégies adaptées pour renforcer le rôle de l’ACG auprès des pouvoirs publics », a déclaré Nathalie Moudiki, au nom du président du Conseil, Adolphe Moudiki, Administrateur-Directeur Général de la SNH, en ouverture des travaux.
Réuni à l’hôtel Hilton de Yaoundé, le Conseil a renouvelé son équipe dirigeante composée de seize membres représentant les sociétés fondatrices de l’association, parmi lesquelles la SNH, HYDRAC, TRADEX, PERENCO, ADDAX Petroleum, SONARA, SCDP et la CSPH. À l’issue des travaux, Adolphe Moudiki, administrateur directeur général de la SNH, a été reconduit à la présidence, tandis que la direction générale de la CSPH occupe désormais la première vice-présidence. ADDAX Petroleum Cameroon Company fait son entrée au poste de deuxième vice-président, en remplacement de PERENCO. La Direction de la Production et du Raffinage de la SNH assurera le secrétariat général, la SCDP et la SONARA se partagent respectivement les fonctions de trésorier et de trésorier adjoint, et TRADEX endosse le rôle de commissaire aux comptes. Les mandats sont fixés à quatre ans renouvelables.
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Il faut noter que les membres du Conseil disposent d’un délai de trois mois pour s’acquitter de leurs cotisations et solder leurs participations, d’après les dispositions de l’association. Selon les données financières actualisées, l’ACG dispose d’un compte logé à la BICEC, dont le solde au 29 septembre 2023 s’élevait à 128,7 millions FCFA, resté inactif depuis 2013. Afin d’éviter le transfert de ces ressources à la Caisse des Dépôts et Consignations, la SNH a procédé le 27 décembre 2024 à un versement de trois millions FCFA correspondant à sa cotisation annuelle. Les frais d’adhésion sont fixés à 250 000 FCFA par membre et la cotisation annuelle à trois millions FCFA.
Quatre pôles stratégiques
Dans ses orientations, le nouveau Bureau a mis en avant la nécessité d’une redynamisation des commissions permanentes autour de quatre pôles, à savoir la production, le transport et le traitement des gaz ; l’utilisation et la distribution ; la stratégie, l’économie et le financement ; ainsi que la technologie, l’innovation, la sécurité, l’environnement, l’information et la communication. La représentante de l’Administrateur-Directeur Général de la SNH a par ailleurs souligné que l’ACG devra accentuer ses efforts sur les projets ciblant les ménages, les actions de responsabilité sociétale (RSE) et la valorisation du patrimoine national, en cohérence avec la politique énergétique du Cameroun.
172 milliards de mètres cubes de gaz
Sur le plan opérationnel, le portefeuille gazier national piloté par la SNH s’appuie sur des réserves estimées à 172 milliards de mètres cubes, réparties entre les bassins du Rio del Rey (RDR) et de Douala/Kribi/Campo (DKC). Dans ce dernier, les projets réalisés concernent notamment l’Association Sanaga (PERENCO–SNH), avec un centre de traitement de gaz naturel (CPF) de 60 mmscfd à Kribi, en cours d’extension à 300 mmscfd pour alimenter une usine flottante de liquéfaction et une unité de fabrication de carreaux en céramique d’une capacité annuelle de 50 000 mètres carrés. La SNH exploite également les gazoducs Bipaga I/Mpolongwé II et Bipaga I/KEDA, assurant respectivement l’approvisionnement en gaz des centrales thermiques de KPDC et de l’usine KEDA. À Douala, l’opérateur Gaz du Cameroun exploite le champ de gaz Logbaba, avec un réseau de 80 kilomètres qui alimente près d’une quarantaine d’industries locales.
Relancée sous l’impulsion de la SNH, l’Association Camerounaise du Gaz entend désormais devenir un interlocuteur fédérateur de la filière gazière, capable d’appuyer les pouvoirs publics dans la promotion d’une industrie compétitive, durable et au service de la sécurité énergétique nationale. Créée en 2005 et restée inactive depuis 2009, l’association ouvre ainsi un nouveau chapitre de son histoire, avec pour ambition de contribuer activement à la transformation du paysage énergétique du Cameroun.
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