Le projet de méga-raffinerie prévu sur la côte kényane par le groupe nigérian Dangote menace "un écosystème fragile", affirme mardi l'ONG Greenpeace Africa, qui appelle à une enquête d'impact indépendante préalablement à toute mise en œuvre. Le groupe de l'homme d'affaires nigérian Aliko Dangote, personne la plus riche d'Afrique, a mis fin en juillet aux spéculations autour de son projet de méga-raffinerie en Afrique de l'Est, en annonçant à l'AFP avoir choisi de l'implanter à Lamu.
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Ce comté de la côte kényane comprend une vaste partie littorale - qui abrite un port en eaux profondes inauguré en 2021 - et un archipel de plusieurs petites îles. La capacité prévue de la raffinerie - au coût estimé entre 15 et 17 milliards de dollars par M. Dangote - est de 700.000 barils par jour et sa construction devrait durer environ 30 mois, selon le groupe nigérian. Aucun accord de financement n'a toutefois été trouvé, selon des experts interrogés par l'AFP, qui s'interrogent aussi sur l'origine du brut qui approvisionnera l'installation.
"Ce projet menace d'endommager l'un des écosystèmes maritimes les plus fragiles d'Afrique de l'Est tout en enfermant le Kenya dans un avenir risqué tourné vers l'énergie fossile", dénonce en outre Greenpeace Africa. "Les mangroves de Lamu, les récifs coralliens et les herbiers marins ne sont pas remplaçables. Ils subviennent aux besoins du secteur de la pêche, assurent des moyens d'existence et la protection de la côte", poursuit l'ONG, pour qui la méga-raffinerie va "détruire les milieux naturels et dégrader les milieux marins", sans compter les risques de marée noire et de pollution de l'air.
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"Cette raffinerie risque aussi de devenir un actif irrécupérable alors que le monde se tourne vers une énergie plus propre" et va "enfermer le Kenya dans des décennies de développement hautement carboné, aggravant le changement climatique et ses impacts", avertit Greenpeace. "L'énorme capital" financier requis pour un tel projet devrait être utilisé pour favoriser la transition énergétique du Kenya, observe encore l'ONG, qui appelle à un "arrêt immédiat des autorisations jusqu'à ce qu'une étude d'impact social et environnemental soit menée à bien, publiée et soumise à une participation publique significative".
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Le Kenya dispose d'un mix énergétique largement décarbonné, quelque 90% de son énergie étant verte - géothermie, hydroélectricité, solaire et éolien. En juin 2019, le Tribunal national de l'environnement kényan avait suspendu un projet de centrale à charbon, d'un coût de 2 milliards d'euros, qui devait déjà être construite à Lamu.
Agence France Presse

