Après une année 2023 de reprise timide, la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) a bouclé l’exercice 2024 sur une dynamique positive, portée par le compartiment obligataire. Selon le rapport annuel de marché, la valeur totale des transactions a atteint 17,519 milliards FCFA, en hausse de 1% par rapport à 2023. Cette progression contraste avec la baisse de la capitalisation globale, reflétant la domination croissante des instruments de dette au détriment des actions. L’indice boursier BVMAC All Shares Index, lancé en décembre 2023, a clôturé l’année 2024 à 950,87 points, en baisse de 4,9 %. Cette évolution est directement liée à la contre-performance du titre Socapalm, qui a perdu 8,18 % sur un an, pesant lourdement sur la capitalisation globale.
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Un compartiment actions encore en demi-teinte
Malgré la mise en place des cotations quotidiennes (252 séances contre 160 en 2023), l’activité sur le marché actions est restée mitigée. En 2024, 358 transactions ont été réalisées, contre 243 en 2023 (+47 %), mais les volumes échangés ont chuté de 44,75 %, passant de 28 527 actions à 15 762 actions. La valeur totale des échanges s’est effondrée de 3,96 milliards FCFA à seulement 622 millions FCFA, soit une baisse de 84 %, traduisant un manque d’appétit des investisseurs pour les titres de capital.
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Le titre Bange Bank, particulièrement actif en 2023, a vu ses transactions fondre de 3,52 milliards FCFA à 54,92 millions FCFA (-98 %). À l’inverse, SEMC a enregistré une hausse spectaculaire de 1 075 % en volume et de 1 079 % en valeur échangée, portée par le retour au versement de dividendes et un regain d’intérêt pour le secteur des boissons. La Régionale et Safacam affichent également des hausses notables en volumes échangés (+186 % et +54 % respectivement), tandis que Socapalm et Bange tirent le marché vers le bas.
Les obligations, pilier de la liquidité du marché
À l’opposé, le compartiment obligataire a confirmé sa domination sur le marché régional. En 2024, 1 879 444 obligations ont été échangées, pour une valeur totale de 16,9 milliards FCFA, contre 8,4 milliards FCFA un an plus tôt, soit des hausses respectives de +122 % en volume et +101 % en valeur. Le marché des titres de dette demeure ainsi le moteur de la BVMAC, concentrant plus de 96 % des transactions globales.
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L’encours total des dettes cotées s’élève à 1 490,8 milliards FCFA, en progression de 14,6 %, porté par douze nouvelles lignes obligataires admises à la cote en 2024 (contre sept en 2023). Les nouveaux entrants incluent notamment Alios Finance Cameroun (10 milliards FCFA), la BDEAC (100 milliards FCFA) et plusieurs émissions de l’État du Gabon, qui consolide sa position dominante avec 41 % de part de marché, soit 606,1 milliards FCFA d’encours.
Des perspectives favorables malgré les défis
Les perspectives à court et moyen terme de la BVMAC restent globalement positives. Le marché devrait bénéficier à la fois de la création imminente du Dépositaire Central Unique (DCU), qui renforcera la sécurité et la rapidité des règlements-livraisons, et de l’exécution du Business Plan 2022-2026, soutenu par un financement communautaire d’un milliard FCFA destiné à renforcer les fonds propres de la Bourse. La réforme du Règlement général introduisant le fractionnement des actions devrait, quant à elle, favoriser une plus grande liquidité et attirer de nouveaux investisseurs individuels. Enfin, le recouvrement des arriérés d’États membres, estimés à plus de 3 milliards FCFA, ainsi que la possible introduction en Bourse de quinze entreprises publiques de la CEMAC, constituent des leviers majeurs pour consolider la stabilité financière et stimuler l’activité du marché régional des capitaux.
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