La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) n’aura pas conservé longtemps sa rentabilité. Selon les états financiers approuvés par l’Assemblée générale ordinaire du 24 avril 2025, la place boursière conjointe aux six pays de la CEMAC a enregistré pour l’exercice 2024 une perte nette de 322,2 millions FCFA, contre un bénéfice net de 8,59 millions FCFA l’année précédente. La BVMAC renoue ainsi avec les pertes après -647 millions en 2019, -787 millions en 2020, -237 millions en 2021 et -557,8 millions FCFA en 2022.
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Ce résultat négatif est corrélé à une baisse de l’activité au courant de l’année sur le marché financier régional. D’après le rapport de gestion du Conseil d’administration de la BVMAC, les revenus globaux de la société se sont établis à 979,5 millions FCFA, contre 1,45 milliard FCFA un an plus tôt, soit une baisse de 32,6 %. Le chiffre d’affaires, principalement soutenu par les commissions de capitalisation (539,6 millions FCFA, +3 %), les admissions à la cote (174 millions FCFA, -24 %) et les opérations de courtage (83 millions FCFA, +24 %), s’est légèrement replié de 1,8 %, à 876 millions FCFA. Sur le plan opérationnel, l’excédent brut d’exploitation s’est creusé à -221 millions FCFA, contre -50 millions FCFA en 2023, et le résultat d’exploitation à -381 millions FCFA.
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Arriérés
Selon la BVMAC, cette contreperformance qui a conduit à un résultat négatif résulte d’une activité limitée sur les compartiments Actions et Obligations, du retard dans la mise en œuvre du Dépositaire central unique (DCU), de l’arrivée tardive à la cote des obligations émises par l’État du Gabon et du non-respect par l’État du Cameroun de son plan d’apurement d’arriérés vis-à-vis de la Bourse. En avril 2024, le gouvernement camerounais avait pourtant communiqué un plan d’apurement de sa dette vis-à-vis de la BVMAC, estimée à 2,29 milliards FCFA, correspondant aux factures liées aux admissions en Bourse de ses emprunts obligataires. Mais la mise en œuvre de ce plan n’a toujours pas été réalisée dans les délais prévus, pénalisant la trésorerie de la Bourse régionale.
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« L’existence de ce plan témoigne néanmoins de la reconnaissance de cette créance et de la volonté du Cameroun d’honorer ses engagements dans un délai proche », indique le rapport de gestion, soulignant qu’un règlement rapide permettrait de restaurer la confiance des parties prenantes et de soutenir le plan de développement de la place boursière régionale.
Le Conseil d’administration a donc décidé d’affecter la perte au report à nouveau débiteur, portant celui-ci à 4,4 milliards FCFA. Les fonds propres de la BVMAC s’élèvent désormais à 5,56 milliards FCFA, pour un total bilan de 7,31 milliards FCFA. La société indique que les effets négatifs de l’année 2024 ont été partiellement compensés par la bonne tenue du marché obligataire gabonais, la dynamique des émetteurs de référence (BDEAC, Alios Finance Cameroun) et la hausse des revenus de courtage.
En 2025, la BVMAC entend miser sur la mise en service du DCU, la relance des admissions et la confiance retrouvée des investisseurs pour renouer durablement avec la rentabilité.
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