La tentative de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) d’encourager les entreprises à s’introduire en bourse a tourné court. L’institution monétaire sous-régionale a déclaré infructueux l’avis à manifestation d’intérêt lancé le 2 juillet 2025 pour sélectionner des sociétés devant bénéficier d’un financement de la Banque Africaine de Développement (BAD) destiné à couvrir les frais d’introduction à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Motif : trop peu de candidatures.
« L’Avis à Manifestation d’Intérêt […] relatif à la sélection et au financement des sociétés pouvant bénéficier de la prise en charge des frais d'introduction en bourse, est déclaré infructueux en raison d’un nombre insuffisant de manifestations d’intérêt », a déclaré la BEAC. Une issue décevante, alors que l’institut d’émission des Etats de la CEMAC dispose d’une enveloppe de 223 780 dollars (près de 143 millions de FCFA) provisionnée par la Banque Africaine de Développement (BAD) à travers le guichet du Fonds d’aide au secteur privé africain. Ce dispositif, censé dynamiser la BVMAC et vise à encourager quatre entreprises éligibles à franchir le pas de la cotation.
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L’aide devait permettre de couvrir les principaux coûts liés à une introduction en bourse : les frais de visa de la Commission de surveillance du marché financier d’Afrique centrale (COSUMAF), la commission d’introduction de la BVMAC, ainsi que les honoraires du conseil juridique et du commissaire aux comptes. Une initiative présentée comme un levier d’inclusion financière et de transparence, dans une région où la bancarisation et la profondeur des marchés de capitaux restent faibles. Pourtant, malgré ces incitations, le secteur privé a montré peu d’enthousiasme.
Réticences
Ce désintérêt illustre les résistances persistantes des entreprises de la zone CEMAC face à la Bourse régionale, malgré les campagnes de sensibilisation et les promesses de retombées économiques. Plusieurs États, avaient dressé des listes d’entreprises publiques candidates à la cotation depuis 2023, sans plus. C’est le cas pour le Cameroun qui avait par exemple, comme candidats à l’entrée en bourse Aéroports du Cameroun, la Cameroon Hotels Company, le Port Autonome de Douala, et la Société de Développement du Coton.
En RCA, ce sont les Sociétés centrafricaines des télécommunications (Socadel), de distribution d'eau (Sodeca), et Énergie centrafricaine avaient été proposées à l’introduction en bourse. En Guinée équatoriale, en dehors de la banque à capitaux publics Banco Nacional de Guinea Ecuatorial (Bange Bank), qui a bouclé son processus d’introduction à la bourse de la BVMAC, la Guinea Ecuatorial de Telecomunicaciones et la Sociedad de Electricidad de Guinea Ecuatorial attendent encore. Idem pour les entités publiques congolaises Congo Telecom, La Congolaise des eaux, Énergie électrique du Congo (E2C) et Centrale électrique du Congo (CEC).

