Le 13 janvier 2026, le ministre d’État, Ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, a signé une série de communiqués portant ouverture des concours d’entrée dans les cinq Écoles Normales Supérieures (ENS) et les quatre Écoles Normales Supérieures d’Enseignement Technique (ENSET) du pays. Au total, 2 500 places sont à pourvoir pour l’année académique 2025-2026.
Le concours vise à former les élèves professeurs du premier cycle avec le niveau minimum du Baccalauréat tandis que le second cycle requiert la licence. A l’observation, 1 300 places sont réservées pour les ENS de Bambili (Nord-Ouest), Bertoua (Est), Buea (Sud-Ouest), Maroua à l’Extrême- Nord et Yaoundé, soit 52 % de l’effectif total. Par ailleurs, 1200 places sont ouvertes pour les candidats au concours des ENSET de Douala, Ebolowa, Kuma et Bambili.
Cette relance met fin à une suspension de trois ans, les derniers concours de formation remontant à l’année académique 2022-2023, comme l’avait annoncé le président Paul Biya dans son discours de fin d’année. Elle intervient dans un contexte de fortes tensions dans le secteur éducatif, marqué par une désertion massive des postes. À titre d’exemple, un communiqué publié le 19 décembre 2025 par la Délégation régionale des Enseignements secondaires du Centre fait état de 637 personnels absents dans les lycées et collèges d’enseignement technique et général de la région.
Le phénomène dépasse largement le Centre. En janvier 2025, la ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga, évoquait déjà la « disparition » de 1 226 enseignants à l’échelle nationale. Cette situation pose avec acuité la question de l’efficacité des mécanismes de contrôle de l’État, censés garantir la présence effective des personnels à leur poste en contrepartie de leur rémunération.
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Pourtant, le secteur des enseignements secondaires occupe le peloton de tête des ministères les plus gourmands en dépenses publiques. Selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2026-2028, le MINESEC concentre à lui seul, 26,34 % des effectifs globaux de la fonction publique (soit environ 390 170 personnels en 2024) et 33,93 % de la masse salariale totale, qui s'est établie à 1 522,8 milliards FCFA en 2024. À titre de comparaison, le MINESEC devance largement d'autres secteurs stratégiques comme la Défense (18,61 % de la masse salariale), l’Éducation de base (14,91 %) et la Sûreté nationale (6,52 %).
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