Au Cameroun, le chef de l’État, Paul Biya, a choisi le 12 octobre 2026, un an jour pour jour après le scrutin présidentiel, pour signer la circulaire relative à la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027. Dans ce document, le président fixe les priorités économiques de la deuxième année de son nouveau septennat, avec un accent sur l’investissement public, la production locale et la maîtrise de l’endettement. Le président camerounais dit vouloir maintenir le cap d'un « budget d'impact socioéconomique », dans un contexte de croissance modeste et de fortes contraintes financières. Selon les prévisions officielles, l'économie camerounaise devrait progresser de 3,6 % en 2027, contre 3,5 % en 2026, tandis que le déficit budgétaire atteindrait 2,7 % du PIB. Des perspectives qui compliquent les ambitions présidentielles, notamment celle de consacrer au moins 30 % du budget général à l'investissement public.
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Sur la base de ces prévisions, la circulaire de 24 pages place l’exercice budgétaire 2027 sous le signe du « renforcement de la dynamique de croissance économique » et de son caractère inclusif, notamment par la modernisation du tissu productif. Les principales politiques publiques du secteur portent sur l’accélération du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique 2024-2026 (PIISAH). Ce plan triennal, annoncé par le chef de l’État lui-même, reste visiblement loin de son objectif d’équilibrer la balance commerciale. Avec un taux de mobilisation des financements de seulement 8 % (110 milliards de FCFA), Yaoundé reconnaît que l’objectif de réduire de 40 % les importations alimentaires à l’horizon 2026 « ne pourra être atteint ».
La pression du financement
Paul Biya attend également de son gouvernement, dont le remaniement est annoncé depuis un an, qu’il poursuive l’amélioration de la communication et de l’éducation fiscales ainsi que la rationalisation des taux d’imposition, notamment sur les revenus du travail et du capital. Il lui demande aussi d’assurer le « contrôle efficient » de l’exécution du service, en vue d’une amélioration continue de la gouvernance douanière. Les priorités visent la mise en œuvre du Fonds spécial pour l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi des jeunes, ainsi que l’intensification de la politique d’adéquation entre la formation technique et professionnelle et les besoins du marché local.
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L’autre défi concerne la dette. Selon les données officielles, son encours devrait atteindre 50 % du PIB en 2027, contre 44,7 % en 2026. Dans le même temps, les besoins de financement et de trésorerie sont évalués à 3 161,5 milliards de FCFA. Pour les couvrir, le gouvernement envisage notamment un emprunt extérieur de 1 000 milliards de FCFA, des tirages sur prêts-projets de 866,7 milliards et des émissions de titres publics de 400 milliards. Ces montants restent des projections, susceptibles d'être révisées lors de l'élaboration du budget définitif. Face à cette situation, Paul Biya demande de modifier la structure de l'endettement. Au paragraphe 58 de sa circulaire, il prescrit la « priorisation des émissions obligataires pour le financement du budget afin de minimiser les risques de taux et de refinancement ». Il appelle également à une « émission prudente de BTA », ces bons du Trésor à court terme, et à la réduction de leurs encours lorsqu'ils présentent un risque de refinancement élevé.
L'investissement public, un engagement difficile à tenir
Le chef de l'État souhaite ainsi limiter le recours aux emprunts de courte durée, qui obligent régulièrement le Trésor à rechercher de nouvelles ressources pour rembourser les précédentes échéances. Il demande parallèlement de poursuivre les interventions sur les marchés financiers internationaux pour diversifier les sources de financement et élargir la base des investisseurs. L’autre défi concerne la place de l'investissement dans le budget. Paul Biya demande que les dépenses d'investissement représentent au moins 30 % du budget général en 2027. L'objectif est ambitieux au regard des performances récentes. En 2025, les dépenses en capital effectivement ordonnancées ont atteint 1 370,7 milliards FCFA, contre 1 639,2 milliards prévus, soit un taux d'exécution de 83,6 %.
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La situation s'est dégradée au début de 2026. À fin mars, les dépenses d'investissement réalisées s'établissaient à seulement 45 milliards FCFA, contre 175,5 milliards à la même période de 2025, soit une chute de 74,4 %. Pour y remédier, le président demande de concentrer les ressources sur les chantiers déjà engagés. Au paragraphe 66, il va jusqu'à préciser que, pour certaines administrations ayant accumulé d'importants engagements, « le démarrage de nouveaux projets est proscrit, selon le cas, pour le budget 2027 ». L'objectif est d'éviter la multiplication des chantiers sans financement suffisant et de privilégier leur achèvement.
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