Au Cameroun, les prélèvements fiscaux sur les transferts d’argent, notamment via le Mobile Money, ont rapporté 42,7 milliards de FCFA à l’État en 2025, contre 31,6 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 35,1 %. Selon le rapport sur l’exécution du budget publié par la Direction générale du Budget, ces recettes dépassent de 4,7 milliards les prévisions de l’année, fixées à 38 milliards de FCFA. Cette progression s’explique, selon le gouvernement, par « la hausse du volume des transferts d’argent » et l’introduction d’un prélèvement supplémentaire de 4 FCFA par transaction en 2025. Celui-ci vient s’ajouter à la taxe de 0,2 % sur les transferts d’argent et certains retraits (TTA).
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Ce second prélèvement a été institué en 2022 et s’applique au montant des transferts d’argent et des retraits consécutifs, qu’ils passent par le Mobile Money ou par tout autre support traçable (voie électronique, téléphonie mobile, télégraphe, télex ou télécopie). L’État en attendait alors environ 20 milliards FCFA (33,4 millions de dollars) par an. À ce dispositif s’est ajouté, en janvier 2025, un prélèvement forfaitaire de 4 FCFA par transaction sur les transferts d’argent à l’intérieur du pays. Cette nouvelle mesure, qui concerne également les opérations réalisées par les banques et les établissements de crédit entrant dans son champ d’application, devait générer environ 15 milliards de FCFA de recettes supplémentaires, selon les prévisions du fisc. Le rapport budgétaire ne précise toutefois pas combien elle a effectivement rapporté.
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Ces prélèvements élargissent certes l’assiette fiscale, mais ils ne font pas l’unanimité. Dès 2022, trois mois après l’entrée en vigueur de la TTA, le Fonds monétaire international (FMI) s’inquiétait de ce que, « taxer l’argent mobile peut être fiscalement inéquitable et entraver le faible niveau actuel d’inclusion financière. » Les populations pauvres et non bancarisées, souvent rurales et confrontées aux coûts élevés des banques formelles, seraient les plus touchées. L’institution de Bretton Woods alertait aussi sur un possible effet négatif sur les recettes, les consommateurs pouvant se replier sur des transactions en espèces non traçables, ainsi que sur les envois de fonds depuis l’étranger, que facilite l’argent mobile.
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Selon les données de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), les établissements de paiement, dominés par Orange Money et MTN Mobile Money, ont réalisé 2,72 milliards de transactions en 2025, contre 2,39 milliards un an plus tôt (+13,8 %). La valeur de ces opérations, qui comprennent notamment les dépôts, les retraits et les transferts d’argent, a atteint 32 667 milliards de FCFA, en hausse de 13,7 %.
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