Le président américain Donald Trump a signé le jeudi 31 juillet un décret imposant de nouveaux droits de douane, dits « réciproques », sur les produits importés de plusieurs pays. Parmi eux, le Cameroun, le Tchad et la Guinée Equatoriale sont directement concernés. Selon cette décision, ces trois nations de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) verront leurs exportations vers les États-Unis soumises à une taxe de 15 % à compter du 7 août prochain.
Raisons
Cette mesure s'inscrit dans la politique commerciale du gouvernement américain, qui cherche à rééquilibrer ses échanges. Concrètement, les données de l'Office du Représentant pour le commerce révèlent que les États-Unis subissent un déficit commercial face à ces trois pays de la CEMAC. Le Cameroun, par exemple, a vu sa balance commerciale passer d'un excédent de 91,1 millions de dollars (environ 51,3 milliards de Fcfa) pour les États-Unis en 2023 à un déficit de 55,7 millions de dollars (soit 31,4 milliards de Fcfa) en 2024.
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De même, ce déficit a atteint 20,9 millions de dollars (environ 11,8 milliards de Fcfa) avec le Tchad et s'est élevé à 32,3 millions de dollars (environ 18,2 milliards de Fcfa) avec la Guinée équatoriale. Ces chiffres illustrent les déséquilibres que Washington tente de corriger en imposant de nouveaux tarifs.
Menaces nuancées et effets inattendus
Cette mesure est d'autant plus significative que le Cameroun et la Guinée équatoriale avaient déjà perdu leur éligibilité au programme AGOA (African Growth and Opportunity Act), qui offrait un accès préférentiel au marché américain. L'imposition de ces nouveaux droits de douane suscite des inquiétudes, notamment pour l'économie camerounaise. Selon un récent rapport de la Banque Africaine de Développement (BAD), de tels tarifs pourraient avoir des effets négatifs sur la croissance. Les secteurs du pétrole, du cacao, du bois et du caoutchouc, qui constituent l'essentiel des exportations camerounaises vers les États-Unis, seraient directement exposés. L'étude nuance toutefois cet impact en soulignant qu'il pourrait être limité, car les États-Unis ne figurent pas parmi les dix principaux clients du Cameroun.
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Le rapport mentionne également un potentiel effet positif : un affaiblissement du dollar américain pourrait réduire le coût du service de la dette extérieure de ces pays, dont une partie est libellée dans cette devise.
Effet levier pour la Chine ?
Il faut noter que cette annonce de la Maison-Blanche intervient dans un contexte de tensions économiques accrues avec la Chine. Tandis que les États-Unis durcissent leur politique commerciale, Pékin a annoncé le 12 juin dernier la suppression définitive des droits de douane sur les exportations africaines vers son marché. Cette décision, qui vise à renforcer l'influence chinoise sur le continent, pourrait inciter le Cameroun, le Tchad et la Guinée équatoriale, à se tourner davantage vers la Chine pour diversifier leurs partenariats commerciaux et compenser les pertes potentielles liées aux nouvelles restrictions américaines.
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