Au Cameroun, le gouvernement confirme la mise à l’étude d’une nouvelle unité de transformation de la bauxite en alumine dans le septentrion et révèle son budget prévisionnel. Annoncée en juillet dernier par Canyon Resources, société australienne en charge du développement du projet de bauxite de Minim Martap, dans l’Adamaoua via sa filiale Camalco, le coût de cette raffinerie est estimé à plus de 2 milliards de dollars (environ 1 116,7 milliards). « Une unité de traitement de bauxite en alumine d’un coût de plus de deux (02) milliards de dollars américains et dont la présentation des études de faisabilité sera faite par la société, ceci afin de pallier la partie constituée du minerai pauvre (44% d’alumine et 3% de silice) qui fera l’objet d’une transformation permettant d’obtenir 213 millions de tonnes d’alumine à partir de 640 millions de tonnes du minerai. », a indiqué le ministère des Mines.
Le projet, officialisé le 24 septembre lors du lancement des travaux d’exploitation industrielle par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, viendra compléter la mise en valeur du gisement de Minim-Martap, estimé à plus d’un milliard de tonnes de bauxite titrant 51 % en alumine. Pour l’heure, il reste en phase d’étude de faisabilité, dont les résultats sont attendus en 2026. Ni la date du démarrage des travaux de construction, ni celle du début de la transformation n’ont été précisées. L’unité, si elle se concrétise, devrait accompagner l’extraction de 200 millions de tonnes de bauxite sur vingt ans, à raison de 10 millions de tonnes par an.
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L’annonce de cette raffinerie intervient dans un contexte marqué par le recul de la production d’aluminium au Cameroun, passée de 53,2 millions de tonnes en 2019 à 28,6 millions de tonnes en 2024 (-46,24 %), selon la BEAC. Par ailleurs, cette annonce survient alors que la Compagnie camerounaise de l’aluminium (Alucam), unique producteur d’aluminium en zone Cemac, enregistre de nouvelles pertes. Selon ses états financiers 2024 publiés cette semaine, son chiffre d’affaires a reculé de 10,4 % à 94,4 milliards FCFA, tandis que les pertes nettes ont atteint 23,8 milliards FCFA, contre 23,6 milliards un an plus tôt. Ses capitaux propres, déjà négatifs, se sont enfoncés à -52,2 milliards FCFA, accentuant la fragilité d’une entreprise déficitaire depuis plusieurs années. Depuis 2022, Alucam affiche des pertes chroniques – 8 milliards FCFA en 2022, 23,6 milliards en 2023, et 23,8 milliards en 2024 – sans réussir à restaurer ses équilibres financiers.
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Rappelons que la convention minière signée entre Canyon Resources et l’État du Cameroun en juillet 2024 prévoyait déjà la transformation locale d’au moins 15 % du minerai. Ce projet, aux côtés d’autres initiatives comme le complexe industriel annoncé par le groupe Prometal ou la relance attendue d’Alucam, pourrait redessiner la chaîne de valeur de l’aluminium au pays. Selon les projections officielles, l’État devrait bénéficier de 12 % du chiffre d’affaires de l’exploitation de la bauxite de Minim-Martap, d’une participation gratuite de 10 % dans le capital de la société, ainsi que des retombées fiscales. En parallèle, l’exploitation de cette mine prévoit la réalisation d’infrastructures sociales et économiques ainsi que de nouvelles infrastructures ferroviaires, routières, énergétiques et portuaires. Les promoteurs annoncent également 5 000 emplois directs et 20 000 indirects.
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