Les projecteurs du monde sont braqués sur la République centrafricaine, qui accueille dans quelques jours la 16e Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et surtout, depuis ce 30 juillet le Caucus africain 2025. Rendez-vous annuel majeur de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) avec les ministres des Finances africains et les gouverneurs des banques centrales de la région, cette rencontre que le pays de Faustin Archange Touadera accueille pour la première fois de son histoire se déroule dans un contexte international bouleversé et revêt un enjeu stratégique pour la Centrafrique en particulier et l’Afrique centrale en général. « Ce que nous en attendons c’est que la Centrafrique soit mise en lumière parce que nous bénéficions malheureusement d’une réputation qui ne reflète pas tout à fait la réalité de ce que nous vivons. Il y a eu certes des problèmes politico-militaires ces 30 dernières années, mais je crois que c’est une page qui est tournée et que la Centrafrique d’aujourd’hui c’est une Centrafrique qui va de l’avant », se félicite Laurence Nassif, président du Groupement professionnel de la Centrafrique, le principal mouvement patronal du pays, sur les antennes d’Africa 24.
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L’événement représente en effet une opportunité pour la Centrafrique de porter la voix de l’Afrique sur les enjeux du développement, de la transition énergétique et de la gouvernance financière mondiale. « Aujourd’hui nous ne pouvons rien faire sans le développement de l’ énergie, et la coopération Sud-Sud est à encourager. J’en attends un plaidoyer fort entre les ministres pour jeter véritablement les bases d’une coopération forte dans ce domaine. C’est une occasion pour consolider et jeter les bases d’un développement réel des infrastructures énergétiques au niveau de notre sous-région. Nous ne pouvons pas non plus avancer si nous n’avons pas un capital humain. Vous pouvez avoir des financements, vous pouvez avoir les nouvelles technologies, mais si vous n’avez pas un capital humain, vous ne pourrez rien faire », se réjouit pour sa part Bertrand Arthur Piri, ministre de l’Energie et des Ressources hydrauliques. Pour ce membre du gouvernement, le Caucus de Bangui, « c’est également une occasion pour nous pour aborder la question d’une bonne collaboration dans ce domaine entre nous de la sous-région et de l’Afrique. Nous optons pour le développement des énergies vertes dans lesquelles nous avons des potentialités énormes en ce qui concerne la biomasse, les forêts, etc. ».
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Une plateforme pour une voix africaine unifiée
Pour le ministre centrafricain de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Richard Filakota, trois grands objectifs guident cette rencontre. D’abord, construire une position africaine forte et structurée sur les grandes priorités du moment, à savoir la transition énergétique, le financement du développement et la soutenabilité de la dette, trois sujets au cœur des programmes que mettent en œuvre depuis plusieurs années les Etats membres de la CEMAC avec le FMI et la Banque mondiale. « J’estime qu’il s’agit d’un moment suffisamment important pour soulever les problématiques liées à la représentation du continent africain dans les instances de décision des institutions financières internationales. Les temps dans lesquels nous sommes appellent à une réponse forte de la part des Africains pour que leur contribution soit entendue », indique Hervé Ndoba, ministre centrafricain des Finances et du Budget. Il s’agira également, pendant ces trois jours, de mettre en lumière des solutions africaines concrètes, adaptées aux réalités locales. La Centrafrique entend par exemple valoriser ses propres initiatives dans le cadre de son Plan national de développement (PND) 2024-2028 telles que l’accès à l’énergie solaire et hydraulique, la transformation de ses ressources naturelles ou encore la digitalisation des services publics. Enfin, ce Caucus vise à susciter un véritable dialogue économique panafricain, porteur d’une dynamique collective et solidaire pour défendre les intérêts du continent sur la scène internationale.
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Le Caucus africain 2025 se déroule dans un contexte géopolitique sensible, marqué notamment par le retour de Donald Trump à la Maison blanche. Les premières orientations de sa nouvelle politique étrangère, axée sur la réduction de l’aide publique au développement et une révision des accords commerciaux, interrogent directement l’avenir des relations entre les pays africains et les bailleurs internationaux. Les pays africains ont ainsi l’occasion de faire entendre une voix forte et unie du continent, sur les enjeux de justice économique, d’équité dans les financements, et de représentation dans les instances internationales. Cet événement de haut niveau réunira outre les ministres des Finances d’au moins 20 pays, les gouverneurs des banques centrales africaines et les représentants des institutions de Bretton Woods, des figures du secteur privé comme Tony Elumelu, PDG du groupe UBA, l’entrepreneure franco-centrafricaine Kate Kallot, fondatrice et PDG de Amini, une startup basée à Nairobi et spécialisée dans l’intelligence artificielle et la collecte de données climatiques en Afrique, etc.

