Six semaines après avoir conclu un accord lui ouvrant la voie à 51 % d’American Renaissance Minerals (ARM), Aeternum Resources veut désormais en prendre le contrôle total. La société cotée aux États-Unis et contrôlée par l’investisseur Paul Mann a annoncé le 25 septembre avoir signé un accord pour acquérir 100 % d’ARM, qui tente d’obtenir de Yaoundé un nouveau permis d’exploitation du gisement de cobalt, nickel et manganèse de Nkamouna. La finalisation de l’opération est attendue au quatrième trimestre.
Une acquisition mais pas de permis
Aeternum est une nouvelle venue dans les mines. Le 17 février 2026, Shorepower Technologies, fabricant américain de bornes de recharge électrique, a absorbé Aeternum Health LLC, alors dirigée par Paul Mann. Également fondateur et patron d’ASP Isotopes Mann a pris la présidence exécutive d’Aeternum le 31 juillet, parallèlement au virage du groupe vers les minerais critiques. Son directeur général, Josua Oosthuizen, vient lui aussi d’ASP Isotopes, où il a notamment piloté la livraison d’une usine d’enrichissement en Afrique du Sud.
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Cette montée en puissance intervient au moment où ARM intensifie ses démarches auprès de Yaoundé pour récupérer l'accès à Nkamouna. Le permis détenu depuis 2003 par Geovic Cameroon a été retiré en février 2025, avant que le projet ne revienne dans le giron de la Société nationale des mines (Sonamines). L’entreprise publique a ensuite tenté de recruter un partenaire technico-financier, mais a déclaré son appel infructueux en août, faute de candidat répondant à ses critères, avant d’ouvrir la voie à des négociations directes. ARM pousse un autre schéma. Aeternum indique que sa future filiale travaille avec le ministère des Mines et la Sonamines pour obtenir un nouveau permis d’exploitation « libre de toute charge antérieure ». Le passage de 51 % à 100 % doit, selon le groupe, simplifier le tour de table avant une éventuelle attribution du titre. En cas de feu vert de Yaoundé, Nkamouna serait développé sous le Code minier de décembre 2023, avec 10 % de participation gratuite pour l’État et une unité de concentration sur le site afin de transformer le minerai avant son exportation.
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Geovic, de l'opérateur déchu à la caution
Cette offensive bénéficie d'un relais américain. ARM avait déjà porté le dossier auprès de l'administration camerounaise avec l'appui de l'ambassade des États-Unis et présenté Nkamouna dans le cadre du dialogue économique entre Washington et Yaoundé tenu début septembre. Son actionnaire actuel doit continuer, même après la vente à Aeternum, à rechercher des soutiens financiers auprès du gouvernement américain. Le cobalt et le nickel figurent parmi les minerais considérés comme critiques par Washington.
En janvier, ARM a obtenu de Geovic, désormais contrôlé par Phoenix Mining, l'accès aux données techniques du gisement. Selon ARM, ces données lui permettraient de lancer une première phase de production en 18 mois. L'ancien opérateur menace d'engager un arbitrage contre le Cameroun si ARM n'obtient pas le projet. D'où la formule du communiqué, qui réclame un permis « libre de toute charge antérieure ». En juillet, Yaoundé a été condamné à plus de 600 millions de dollars au terme de son arbitrage contre l'australien Sundance Resources.
Le financement reste à boucler
Aeternum ne sort toutefois pas un gros chèque pour mettre la main sur ARM. L'accord prévoit une contrepartie pouvant atteindre 133,33 millions d'actions Aeternum, émises progressivement à mesure que certains jalons du projet seront franchis. Ce choix permet surtout à Aeternum de préserver sa trésorerie. Au 30 juin, le groupe ne disposait que de 702 809 dollars de cash, n'avait encore généré aucun revenu au premier semestre et avait consommé environ 1,6 million de dollars de trésorerie. Son fonctionnement avait notamment été soutenu par 2,17 millions de dollars d'avances de parties liées.
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Un écart considérable avec les ambitions affichées au Cameroun. ARM a évoqué une première enveloppe de 85 millions de dollars pour Nkamouna, tandis que les anciens scénarios de développement du gisement nécessitaient plusieurs centaines de millions de dollars. Aeternum reconnaît elle-même qu'elle devra lever des capitaux supplémentaires pour mettre ses projets en production. La société veut néanmoins aller vite. « Nous prenons l'entière responsabilité du projet car nous avons l'intention de construire cette mine, et de la construire rapidement », assure son directeur général, Josua Oosthuizen. Son équipe compte s'appuyer sur l'expérience acquise au Nigeria, où elle développe une unité modulaire de séparation gravimétrique.








