Au Cameroun, la Société nationale des mines (Sonamines) a déclaré, le 18 août, l’échec des appels internationaux à manifestation d’intérêt (AIMI) lancés début 2026 pour la recherche de partenaires technico-financiers, relatifs à la finalisation des travaux et la mise en exploitation du bloc rutilifère d'Akonolinga, situé dans la région du Centre et du gisement polymétallique (cobalt, nickel, manganèse) de Lomié-Nkamouna, dans la région de l'Est.
Selon deux communiqués signés par Serge Hervé Boyogueno, Directeur Général de la Sonamines, et publiés le même jour, la procédure de présélection a été déclarée « infructueuse, aucune candidature n'ayant satisfait aux critères de sélection ». L'entreprise publique indique être désormais « ouverte aux négociations » de gré à gré avec tout investisseur disposant d'une expertise éprouvée et des capacités techniques et financières requises, dans le respect du Code minier et des standards internationaux. Cet échec rallonge le calendrier de mise en valeur de ces actifs stratégiques, déjà marqués par des retards historiques.
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Selon une source proche du dossier, cette publication de résultats, intervenue plus de six mois après le lancement des AIMI, aurait également pour objectif de dissiper les spéculations entourant le positionnement de certains investisseurs. « C’est en réponse aux agitations de ARM [une société américaine, NDLR] pour montrer que rien n’a encore été définitivement acté. D’autres partenaires en lice, ayant requis l’anonymat, pourraient de nouveau soumissionner lors d'une prochaine phase », indique cette source.
Les appels à manifestation d'intérêt avaient été lancés le 9 janvier 2026, dans le sillage d'une campagne de promotion de trois jours, organisée au Canada. Le gisement de Lomié-Nkamouna avait été rétrocédé à la Sonamines après le retrait, en février 2025, du permis d’exploitation détenu depuis deux décennies par Geovic Cameroon, pour cause de non-mise en valeur. Le projet d'Akonolinga était, quant à lui, resté au stade de préfaisabilité après le départ d'Eramet Cameroun en novembre 2023.
Ces deux projets sont considérés comme stratégiques pour la diversification de l'économie camerounaise vers les minéraux de la transition énergétique et la recherche de relais de croissance post-pétrole. Selon des données communiquées en 2025 par le DG de la Sonamines lors d'une interview accordée à EcoMatin, le gisement d’Akonolinga recèlerait environ un million de tonnes de rutile à haute teneur. Les études de Geovic évaluaient quant à elles les ressources de Lomié-Nkamouna à environ 68 millions de tonnes de minerai (0,26 % de cobalt, 0,66 % de nickel et 1,48 % de manganèse).
Le cahier des charges initial exigeait des soumissionnaires au moins 15 ans d’expérience dans le secteur extractif et un chiffre d’affaires annuel minimum de 150 millions de dollars sur les cinq dernières années, afin de financer l'actualisation des études de faisabilité et le développement des sites.
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